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	<description>Sus aux idéo-virus !</description>
	<pubDate>Sat, 05 Apr 2008 16:49:51 +0000</pubDate>
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		<title>° Les oubliés du libéralisme français</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Apr 2008 15:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>

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 Charles Dunoyer and French Classical Liberalism, by Leonard Liggio
The Radical Liberalism of Charles Comte and Charles Dunoyer, by David Hart
 Il y a un peu plus d&#8217;un an (le 11 Janvier 2007) se tenait à l&#8217;ancienne Ecole Polytechnique un colloque organisé par l&#8217;Institut d&#8217;Histoire de l&#8217;Industrie, sur le thème : « Modernité des pères fondateurs de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><em></em></p>
<p><em> </em><em><span style="font-family:Verdana, sans-serif;"><span style="font-size:x-small;"><a href="http://www.mises.org/journals/jls/1_3/1_3_1.pdf"><span style="font-size:small;">Charles Dunoyer and French Classical Liberalism, by Leonard Liggio</span></a></span></span></em></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="left"><span style="font-family:Verdana, sans-serif;"><span style="font-size:x-small;"><a href="http://homepage.mac.com/dmhart/ComteDunoyer/index.html"><span style="font-size:small;"><em>The Radical Liberalism of Charles Comte and Charles Dunoyer, by David Hart</em></span></a></span></span></p>
<p> <em>Il y a un peu plus d&#8217;un an (le 11 Janvier 2007) se tenait à l&#8217;ancienne Ecole Polytechnique un colloque organisé par l&#8217;Institut d&#8217;Histoire de l&#8217;Industrie, sur le thème : « Modernité des pères fondateurs de la science économique française ». Ce fut l&#8217;occasion de revenir sur les contributions d&#8217;un certain nombre d&#8217;auteurs libéraux. Pour ma part, j&#8217;y ai présenté une communication sur deux auteurs de la Restauration, auxquels je m&#8217;intéresse depuis longtemps, et dont je considère qu&#8217;ils restent injustement méconnus, même de ceux qui aujourd&#8217;hui multiplient les contributions sur l&#8217;histoire du libéralisme en France. Il s&#8217;agit de Charles Comte et Charles Dunoyer. Ceci est le texte des notes à partir desquelles j&#8217;ai fait mon exposé. J&#8217;ai la faiblesse de penser qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un texte qui n&#8217;est pas inintéressant pour ceux qui s&#8217;intéressent à l&#8217;histoire des idées libérales de notre pays.</em></p>
<p>Mon intention est de jeter un coup de projecteur sur l&#8217;épopée du Censeur européen et de ses deux fondateurs : Charles Comte (1802-1835) et Charles Dunoyer de Segonzac (1806-1869). Une épopée relativement courte : 1814-1820, mais qui exerça une influence très importante sur les débats intellectuels et politiques de la Restauration.</p>
<p>Trois raisons justifient qu&#8217;on en parle aujourd&#8217;hui:</p>
<p><span id="more-41"></span></p>
<p>1/ - Il s&#8217;agit d&#8217;abord de <span style="text-decoration:underline;">redresser une injustice</span> . Sauf pour quelques spécialistes de l&#8217;histoire des idées, Comte et Dunoyer figurent généralement parmi les auteurs libéraux de la Restauration oubliés de nos contemporains. Ce qui est paradoxal dans la mesure où la notoriété dont ils bénéficièrent à l&#8217;époque fut immense; mais aussi parce que l&#8217;épopée du Censeur européen marque à bien des égards l&#8217;acte d&#8217;établissement de l&#8217;école libérale radicale française, qui s&#8217;incarnera plus tard dans la création de la Société d&#8217;économie politique(1842). Aujourd&#8217;hui, on redécouvre Say ou Bastiat ; mais Comte et Dunoyer restent oubliés.</p>
<p>2/ - <span style="text-decoration:underline;">Ils anticipent</span>, plus d&#8217;un siècle auparavant, les approches de l&#8217;Ecole moderne dite des&#8221; choix publics&#8221;. On trouve dans leurs écrits une façon de penser l&#8217;Etat et le politique centrée sur le concept de la &#8220;capture réglementaire&#8221;, qui anticipe sur les travaux contemporains d&#8217;auteurs économiques influents, comme les professeurs James Buchanan et Gordon Tullock.</p>
<p>3/ - Ils occupent <span style="text-decoration:underline;">une position charnière</span> dans l&#8217;histoire des idées politiques et économiques modernes. S&#8217;ils sont par certains égards les ancêtres des anarcho-capitalistes anglo-saxons d&#8217;aujourd&#8217;hui, leur pensée joue aussi un rôle paradoxal dans la genèse de l&#8217;idéologie socialiste en raison de leur association avec le comte Henri de Saint Simon (période 1814-1817), mais aussi du fait de leur proximité avec Auguste Comte (le cousin de Charles).</p>
<p><strong>La richesse de la Restauration</strong></p>
<p>Il y a deux manières d&#8217;aborder l&#8217;histoire de la pensée libérale au 19ème siècle.</p>
<p>1. la première se situe du point de vue de l&#8217;histoire des idées politiques. C&#8217;est celle que l&#8217;on trouve de manière classique dans des ouvrages comme celui d&#8217;André Jardin : Histoire du Libéralisme politique de la crise de l&#8217;absolutisme à la constitution de 1875 (Hachette 1985), dans Louis Girard : Les libéraux français 1815-1875 (Aubier 1985), ou encore René Rémond : L&#8217;histoire des droites en France (1954).</p>
<p>On y parle souvent de Constant, de Mme de Staël, de Guizot, des doctrinaires, de Tocqueville, mais les libéraux « radicaux » comme Say, Tracy, Augustin Thierry, Comte et Dunoyer sont le plus souvent négligés, ou ne sont mentionnés qu&#8217;au détour d&#8217;une phrase.</p>
<p>2. la seconde se place au niveau de l&#8217;histoire des idées économiques. On y étudie les physiocrates, les « idéologues » (Say, Tracy); puis on saute à Bastiat et au Journal des économistes de la période 1840-1850. De la période de la Restauration on ne retient que Sismonde de Sismondi et la naissance de la préoccupation « sociale » (cf l&#8217;ouvrage de Francis Paul Bénoît). A la rigueur on y trouve une mention du Traité de la Propriété (1840)de Charles Comte, ainsi que des échos de sa. polémique avec Proudhon. Mais Dunoyer (L&#8217;industrie et la morale reconsidérées dans leur rapport avec la liberté, 1825; Nouveau traité d&#8217;économie sociale, 1830;La liberté du travail, 1844), lui, est bien souvent oublié.</p>
<p>Depuis quelques années, on assiste cependant à un retour d&#8217;intérêt pour le libéralisme de la Restauration. Jusqu&#8217;à une époque récente, si l&#8217;on s&#8217;intéressait à la pensée politique de cette période, c&#8217;était pour étudier soit les « conservateurs » défenseurs de la restauration monarchique (de Bonald, Chateaubriand), soit les socialistes « utopiques » comme Saint Simon et Auguste Comte. On étudiait surtout ces derniers en tant que précurseurs du socialisme scientifique de Marx, développé après la Révolution de 1848.</p>
<p>Depuis une décennie on assiste à une prise de conscience de ce que la Restauration fut en réalité une période cruciale pour l&#8217;émergence en France du libéralisme en tant que théorie politique moderne. On note la multiplication de livres sur B. Constant, sur Tocqueville (cf la collection de Commentaires), sur Guizot (cf Rosanvallon), et même Bastiat.</p>
<p>Dans son ouvrage sur Guizot, Rosanvallon soutient que « La Restauration constitue un véritable âge d&#8217;or de la réflexion politique ». Elle constitue « le moment libéral » par excellence de la pensée politique française. Mais les « libéraux radicaux » que furent Comte et Dunoyer en restent exclus. Alors même qu&#8217;ils bénéficiaient à leur époque d&#8217;une très forte notoriété.</p>
<p><strong>Qui étaient Comte et Dunoyer ?</strong></p>
<p>Charles Comte est né en Lozére en1782; Charles Dunoyer en 1786, à Turenne. Ils appartiennent à une génération qui avait en gros 10 ans en 1795, 20 ans en 1805, 30 ans en 1815.</p>
<p>Ils font partie d&#8217;une génération née juste avant la Révolution française qui, lorsqu&#8217;elle se retrouve au lycée, adhère pleinement aux « principes de 1789 », mais reste profondément marquée par les excès jacobins de la Terreur. Adolescents à l&#8217;époque du Directoire, ils absorbent le libéralisme des philosophes modérés, de Condorcet et des Girondins, mais rejettent le Rousseauissme et sa variante politique, le Jacobinisme. Lycéens au moment de l&#8217;arrivée de l&#8217;Empire, ils bénéficient des réformes du système éducatif français mises en oeuvre par les « idéologues » et qui incorporent les grands principes de base du libéralisme, malgré le rejet final de « l&#8217;idéologie » par Napoléon. Etudiants à Paris (où Dunoyer arrive en 1803), ils assimilent la tradition du droit naturel, selon Pufendorf et Grotius (donc Locke). A l&#8217;Athénée, ils suivent les cours, alors très populaires, de J.B. Say, dont Charles Comte deviendra le gendre. A Paris, ils fréquentent le salon de cet autre grand « idéologue » qu&#8217;est Destutt de Tracy.</p>
<p>Charles Comte et Charles Dunoyer se rencontrent à Paris en 1807. En 1814, lors de la première Restauration, ils créent ensemble Le Censeur, un journal initialement publié sous forme hebdomadaire - qui deviendra Le Censeur européen en 1816. Pendant la période 1815-1820, leur journal s&#8217;impose comme la publication indépendante d&#8217;analyse et de réflexion la plus influente du microcosme parisien. Ils assoient leur notoriété sur un combat acharné pour la liberté d&#8217;expression et contre la censure. Une censure dont ils seront eux-mêmes victimes à plusieurs reprises, et qui obtiendra finalement leur peau en 1820, au terme d&#8217;un affrontement judiciaire qui les rendra célèbres, mais conduira Comte à l&#8217;exil (dont il reviendra en 1825), et Dunoyer en prison pour quelques mois.</p>
<p>Leur maître à penser est Benjamin Constant, qui termine sa carrière comme chef de file incontesté du journalisme libéral au début de la Restauration. Leurs travaux se situent alors dans le «main stream » de la pensée politique libérale de l&#8217;époque. Il s&#8217;agit d&#8217;imaginer des solutions politiques « constitutionnelles » permettant d&#8217;éviter les excès dictatoriaux que le pays a connu sous l&#8217;Empire, puis sous la Restauration des Bourbons. Leur journal milite pour la liberté d&#8217;expression, la liberté de la presse, la liberté des cultes, la souveraineté de l&#8217;Etat de droit, l&#8217;établissement d&#8217;une constitution écrite, la reconnaissance des droits individuels, une justice administrée par des magistrats et des jurés indépendants, le libre échange, la fin des subventions et des monopoles, une fiscalité minimale&#8230;</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui fait leur originalité ?</strong></p>
<p>A partir de 1817, devant l&#8217;échec des efforts déployés pour &#8216;libéraliser&#8217; les institutions politiques, leurs analyses deviennent de plus en plus &#8220;radicales&#8221;. Ils s&#8217;opposent autant aux « conservateurs » à la Guizot ou à la Royer Collard (constitutionnalistes, mais suspicieux de la démocratie, défenseurs du suffrage censitaire, et surtout qui acceptent un certain interventionnisme économique de l&#8217;Etat) qu&#8217;aux libéraux « indépendants » à la Constant (le « centre gauche » de l&#8217;époque, surtout préoccupés de la liberté de la presse, et de l&#8217;affirmation des droits civiques).</p>
<p>Leur grande préoccupation est de « comprendre ». Comprendre comment les grands idéaux des encyclopédistes et de 1789 ont pu déboucher sur le retour du despotisme, avec son cycle infernal de dictature populaire, militaire, réactionnaire. Comprendre pourquoi tous les espoirs fondés sur La Charte ont à nouveau pu être déçus. Comprendre comment on peut y mettre fin. (Ce sont en quelque sorte « les nouveaux philosophes » de la Restauration)</p>
<p>La réponse, ils la trouvent dans une démarche de type « métahistorique », dans la recherche d&#8217;une sorte de continuité historique dont le vecteur serait l&#8217;industrialisme - concept qu&#8217;ils empruntent à Jean-Baptiste Say, avant qu&#8217;il ne soit accaparé (et détourné) par Saint Simon et ses disciples.</p>
<p><strong>La liberté par l&#8217;industrie</strong></p>
<p>Pour Comte et Dunoyer, la libération des peuples passe par « l&#8217;industrie », c&#8217;est à dire par ce que nous appellerions aujourd&#8217;hui le marché, le libre échange, le laissez-faire, ou encore même la mondialisation, car c&#8217;est l&#8217;essence même de l&#8217;industrie et de la liberté du commerce que de favoriser l&#8217;essor de vertus individuelles (calcul, rationalité, responsabilité, risque, donc précaution) propices à l&#8217;affirmation d&#8217;une attitude de liberté. Malheureusement les croyances et les valeurs n&#8217;évoluent pas au même rythme que l&#8217;industrie. Alors que celle-ci se répand et concurrence les anciennes manières de faire, les attitudes, les valeurs, les institutions, elles, restent liées à l&#8217;ancien ordre des choses (le mercantilisme). C&#8217;est dans ce décalage, expliquent-ils, que réside la source de l&#8217;échec des idéaux de l&#8217;Encyclopédie et de la Révolution à faire obstacle au retour du despotisme.</p>
<p>Comment y mettre un terme ? Ce ne sont pas les efforts déployés pour mettre au point des solutions constitutionnelles qui permettront d&#8217;en sortir si les gens continuent d&#8217;adhérer à des valeurs qui leur font accepter volontairement leur servitude ? Le seul espoir réside dans la poursuite, l&#8217;accélération du progrès industriel lui-même. Autrement dit, c&#8217;est le « développement économique » et le libre-échange, produits de la libération de l&#8217;économie des monopoles mercantilistes, qui doivent libérer les gens de leurs croyances, donc de leur propre servitude, et ainsi rendre possible la réforme politique. Le constitutionalisme met la charrue avant les boeufs. Il faut d&#8217;abord changer les structures mentales avant d&#8217;avoir des chances d&#8217;agir avec succès sur les structures politiques; et cela seul le développement économique peut permettre de l&#8217;obtenir. (Débat très moderne que l&#8217;on a retrouvé dans certains pays de l&#8217;Est avant la chute du mur de Berlin - par exemple en Pologne -, ou qui dure encore comme en Chine).</p>
<p><strong>La lutte des classes</strong></p>
<p>Leur analyse se fonde sur une conception « dialectique » de l&#8217;histoire qui est celle d&#8217;un processus conçu comme le produit d&#8217;une confrontation permanente entre deux classes, d&#8217;un côté celle des dirigeants et oppresseurs, de l&#8217;autre celle des opprimés et exploités. C&#8217;est l&#8217;approche que développe par exemple Augustin Thierry dans sa fameuse histoire des révolutions anglaises (1817), ainsi que dans son histoire de la conquête de l&#8217;Angleterre par les Normands (1825, mais dont les premiers éléments ont été publiés dans le Censeur européen dès 1819).</p>
<p>L&#8217;histoire y est vécue comme un combat constant entre exploités et exploiteurs. Pour Thierry, il s&#8217;agit d&#8217;un combat entre Tiers Etat et Noblesse, le Tiers Etat luttant à travers les siècles pour assurer la reconnaissance et la sécurité de ses droits de propriété, ainsi que l&#8217;élargissement continu de ses opportunités industrielles et commerciales. Pour Comte, l&#8217;opposition la plus significative est celle qui oppose les oisifs, bénéficiaires de rentes de l&#8217;Etat mercantiliste, et ceux qui travaillent, qui entreprennent et qui produisent (les producteurs).</p>
<p>Cette approche en termes de conflit entre « classes » n&#8217;est pas totalement nouvelle. On en trouve déjà les prémisses dans la théorie physiocratique de la production avec l&#8217;opposition entre une « classe productive » et une « classe stérile ». Mais alors que chez les Physiocrates la première s&#8217;identifie au monde agricole, à tout ce qui cultive la terre, et la seconde à tout ce qui ne vit pas de la terre, chez Comte et Dunoyer l&#8217;opposition se fait d&#8217;un côté entre ceux qui travaillent et entreprennent, quelque soit le secteur d&#8217;activité auquel ils appartiennent (on retrouve là tout l&#8217;apport de la théorie libérale de Say), et de l&#8217;autre ceux qui détiennent le pouvoir et les privilèges - c&#8217;est à dire l&#8217;Etat et les classes privilégiées qui lui sont liées.</p>
<p>Cette approche débouche donc sur une vision où l&#8217;histoire de la civilisation s&#8217;analyse d&#8217;abord et avant tout comme un processus de « libération » des classes exploitées par l&#8217;émergence d&#8217;une économie et d&#8217;une culture marchande (l&#8217;industrie) qui se fait aux dépens des anciennes contraintes de l&#8217;Etat mercantiliste, avec ses clientèles, ses monopoles et cloisonnements corporatistes.</p>
<p> <strong>Un libéralisme radical</strong></p>
<p>Cette approche les amène à une conception de l&#8217;action politique où le rôle du politique n&#8217;est pas seulement d&#8217;aménager des poids et contrepoids (checks and balances) constitutionnels pour limiter les abus du pouvoir; mais d&#8217;accompagner, de faciliter ce mouvement « historique » dans son inévitable achèvement. Comment ? En introduisant une séparation radicale entre la « société<br />
civile », paisible et productive, et le monde de l&#8217;Etat qui est celui des privilèges et de leur exploitation par ce que l&#8217;on appellerait aujourd&#8217;hui les « lobbies ». C&#8217;est à dire en « dépolitisant » le contenu des relations sociales et économiques.</p>
<p>« Après avoir longuement analysé comment les classes sociales « exploiteuses » se sont maintenu au pouvoir à travers les siècles, raconte David Hart, ils ont entrepris d&#8217;en tirer des leçons, des prévisions pour l&#8217;avenir de la société française. Pour Dunoyer en particulier, celui-ci passait par une dépolitisation croissante de la société française, voire la disparition complète de l&#8217;Etat, pour laisser place à une situation où tous les aspects de la vie sociale et économique seraient régulés par l&#8217;interaction des forces de l&#8217;offre et de la demande et la loi des contrats sur un marché libre. A certains de leurs moments d&#8217;euphorie libérale, Comte et Dunoyer sont même allés jusqu&#8217;à suggérer la possibilité - bien avant Gustave de Molinari (dans son célèbre opuscule &#8220;les soirées de la rue Saint Lazare&#8221; de 1849) - d&#8217;une société où même les fonctions de police et de défense seraient soit devenues inutiles, soit reprises par le marché. Mais, ajoutaient-ils, cette société authentiquement «libérale» ne pourra se réaliser que le jour où le développement du « régime industriel » aura si complètement modifié les attentes de l&#8217;opinion publique à l&#8217;égard de l&#8217;Etat que les politiques mercantilistes auront perdu toute légitimité aux yeux des français ».</p>
<p>Leur interrogation sur le pourquoi des événements et des déceptions qu&#8217;ils viennent devivre les conduit ainsi à développer une perspective libérale poussée à l&#8217;extrême dulaissez-faire et de l&#8217;Etat minimum. D&#8217;où leur qualificatif de « libéraux radicaux ».C&#8217;est cette tradition radicale qui servira d&#8217;armature aux activités de la Société d&#8217;économie politique (fondée en 1842, et dont Charles Dunoyer fut le premier président) et que l&#8217;on retrouvera dans les colonnes du journal de la Société ( Le Journal des Economistes), ainsi que sous la plume de Frédéric Bastiat ou de Gustave de Molinari.</p>
<p>C&#8217;est cette tradition qui, après une éclipse d&#8217;un siècle, nous revient des Etats-Unis à travers les ouvrages de ceux qu&#8217;on appelle « les libertariens », ou « anarcho-capitalistes ». Ce qu&#8217;on nous présente comme une importation anglo-saxonne, soit disant totalement étrangère à la culture française, a en réalité de solides racines françaises . Et ce sont des anglo-saxons (les historiens américains Leonard Liggio et Ralph Raico par exemple, l&#8217;Australien Hart) qui nous font aujourd&#8217;hui redécouvrir ce qui fut en son temps une tradition libérale française fort<br />
influente et respectée, mais largement oubliée par la suite.</p>
<p><strong>Une pensée charnière</strong></p>
<p>Que retenir de cette histoire ? Pourquoi reparler aujourd&#8217;hui de ces gens-là ? Je citerai principalement trois raisons.</p>
<p>1. D&#8217;abord en raison d&#8217;une série de paradoxes inattendus. Je viens d&#8217;en évoquer un : le retour de leur tradition via le monde anglo-saxon.</p>
<p>L&#8217;Ecole libérale de Manchester généralement citée comme l&#8217;école fondatrice du libéralisme économique moderne, n&#8217;est en réalité qu&#8217;une école parmi d&#8217;autres. Il y a une tradition libérale française authentique, fondée sur des concepts, des approches radicalement différentes. Celle-ci est philosophiquement plus proche de Godwin, de Mackintosh et de Paine (les &#8220;radicaux&#8221; britanniques qui considèrent que, face au système politique, la Déclaration des droits est un artifice insuffisant pour assurer la garantie des droits naturels), que de Bentham, Malthus et Ricardo qui dénoncent déjà les &#8216;défaillances&#8217; du marché (cf la théorie des crises de surproduction à laquelle répond la &#8216;loi des débouchés&#8217; de Say) . C&#8217;est là quelque chose qu&#8217;on a oublié, et qu&#8217;oublient encore le plus grand nombre de ceux qui remettent aujourd&#8217;hui les auteurs de la Restauration à la mode (Constant, Guizot, Tocqueville).</p>
<p>Mais le plus énorme des paradoxes est bien entendu la filiation qui relie cette école de pensée « ultra-libérale » à la genèse des idées socialistes, et même marxistes, qui viendront plus tard.</p>
<p>Les concepts de « classe sociale », de « mode de production », de « structure de production », d&#8217; « exploitation », de « mouvement historique » sont exactement ceux qui seront « retournés » et utilisés pour servir de fondement au développement de la pensée socialiste. D&#8217;abord les socialistes « utopiques » de la première génération, puis ceux de la génération marxiste.</p>
<p>Le lien de filiation se fait par l&#8217;intermédiaire du comte Henri de Saint Simon et d&#8217;Auguste Comte (un cousin de Charles Comte, qui restera très longtemps en contact épistolaire étroit avec Charles Dunoyer). Si, sous l&#8217;influence d&#8217;Auguste Comte (qui devient son secrétaire en 1817, en remplacement d&#8217;Augustin Thierry), Saint Simon rompt avec ses amis du Censeur européen, c&#8217;est qu&#8217;en fait il ne donne pas les mêmes réponses aux questions qu&#8217;ils se posent. L&#8217;aristocrate ne croît guère à l&#8217;amélioration spontanée des moeurs sous l&#8217;influence des disciplines de « l&#8217;industrie » naissante. D&#8217;une vingtaine d&#8217;années plus âgé (il est né en 1760, il décède en 1825), il n&#8217;a pas le temps d&#8217;attendre l&#8217;effet du temps. Il croît davantage à la « rééducation » par la prise en main du processus de développement par une nouvelle élite dirigiste d&#8217;ingénieurs et de banquiers ayant pour objectif de promouvoir ce qu&#8217;on appellerait aujourd&#8217;hui « la croissance ».</p>
<p>En 1827, dans un article publié par la Revue encyclopédique (&#8221;Notice historique sur l&#8217;industrialisme&#8221;), Charles Dunoyer se livrera à une analyse et une critique approfondies des thèses et prétentions &#8220;scientistes&#8221; présentées par les saint-simoniens dans leur journal Le producteur. Mais ils partent de prémisses largement identiques. Ce sont les inventeurs de « la sociologie historique ».</p>
<p>Dans une large mesure, l&#8217;un des actes de fondation du mouvement socialiste est la grande diatribe que mène Proudhon contre le livre de Comte sur la propriété (Traité de la Propriété, 1834). Diatribe à laquelle Comte n&#8217;a malheureusement pas pu répondre puisqu&#8217;il est mort en 1837, soit trois ans avant la parution des deux ouvrages de Proudhon sur le sujet</p>
<p>C&#8217;est vraisemblablement par l&#8217;intermédiaire de Proudhon que Marx a eu connaissance indirecte des travaux de Comte et Dunoyer. Bien que de manière plutôt méprisante, il les évoque à plusieurs reprises dans sa correspondance.</p>
<p><strong>Les ancêtres du Public Choice</strong></p>
<p>2. Le second motif tient à leur mode de représentation de l&#8217;Etat et du politique qui est extrêmement moderne si on le compare à la façon dont les économistes appréhendent aujourd&#8217;hui le fonctionnement du marché politique.</p>
<p>Derrière leur théorie des classes sociales, on retrouve un schéma qui nous est aujourd&#8217;hui devenu familier : l&#8217;idée de la « capture » réglementaire. A savoir que l&#8217;existence d&#8217;une réglementation ou d&#8217;un contrôle économique quelconque induit nécessairement l&#8217;émergence d&#8217;une « classe » de gens pour qui la jouissance des privilèges liés à leur fonction devient rapidement une fin en soi, et donc un objectif de pouvoir politique.</p>
<p>Conclusion : la seule manière de débarrasser le monde de l&#8217;exploitation d&#8217;une classe par une autre consiste à détruire le mécanisme même qui rend cette exploitation possible : le pouvoir de l&#8217;Etat de distribuer et de contrôler la propriété et la répartition des avantages qui y sont liés.</p>
<p>Dans un passage du Nouveau Traité Dunoyer attaque l&#8217;idée que le citoyen devrait obligatoirement sacrifier ses intérêts à ceux de la communauté politique ou de l&#8217;Etat. La pierre fondatrice du pouvoir politique, note-t-il, est la croyance qu&#8217;il existe un code d&#8217;obligations morales pour le citoyen, et un autre pour l&#8217;Etat et ses représentants. Dunoyer rejette cette dichotomie. S&#8217;il est immoral d&#8217;user de la force contre la personne ou la propriété d&#8217;une autre personne, fait-il remarquer, il est tout aussi immoral pour un homme ou une communauté politique d&#8217;en faire autant.</p>
<p>Dunoyer note aussi l&#8217;étrange transformation qui frappe les individus selon qu&#8217;ils agissent en tant que personnes privées ou membres de communautés politiques. La majorité des individus, fait-il remarquer, semblent comprendre que le vol et la violence sont un mal lorsqu&#8217;ils sont commis par un individu contre un autre. Mais dès qu&#8217;ils agissent en tant que membre d&#8217;une communauté ou d&#8217;un corps politique, ils acceptent le bien fondé de ces mêmes actes au nom de ce qu&#8217;ils sont commis par l&#8217;Etat ou ses représentants, contribuant ainsi à leur propre asservissement. On ne peut atteindre la vraie liberté, conclue Dunoyer, que si les individus rejettent ce divorce entre morale publique et morale privée, et s&#8217;accordent tous à respecter la propriété ainsi que la liberté personnelle de tous.</p>
<p>Derrière ce langage très &#8220;normatif&#8221;, on trouve en réalité une approche méthodologique des fonctionnements de ce que l&#8217;on appellerait aujourd&#8217;hui &#8220;le marché politique&#8221; très proche, bien que encore très frustre, des concepts qui inspirent les travaux de l&#8217;école néo-libérale contemporaine des choix publics. Comte et Dunoyer ambitionnent de donner une étude &#8220;scientifique&#8221; de l&#8217;Etat et de son développement. Ils ont une façon de penser le politique qui en fait, à bien des égards, les précurseurs d&#8217;auteurs comme James Buchanan et Gordon Tullock.</p>
<p>Le lien n&#8217;est pas purement fortuit. James Buchanan reconnait lui-même que c&#8217;est en Italie, lors d&#8217;un séjour sabbatique à Rome, dans les années 1950, qu&#8217;il découvrit les intuitions qui allaient orienter de manière déterminante son champ de recherche. Or il faut relever que c&#8217;est précisément chez les économistes et universitaires italiens du 19ème siècle que l&#8217;école française d&#8217;économie politique a entretenu la postérité la plus féconde et la plus durable lorsque son influence s&#8217;est mise à décliner sérieusement sur le sol français, à partir des années 1870.</p>
<p><strong>Les initiateurs du paradigme anarcho-capitaliste.</strong></p>
<p>3. Au total, Comte et Dunoyer considèrent l&#8217;Etat comme la source même des privilèges et des injustices, plutôt que comme l&#8217;instrument par lequel ces problèmes peuvent être résolus.</p>
<p>C&#8217;est ce qui les oppose fondamentalement non seulement aux démocrates rousseauistes de l&#8217;époque, aux socialistes, mais aussi aux conservateurs qui, à l&#8217;inverse, veulent utiliser le pouvoir étatique pour créer une société plus juste et meilleure en réglementant plus ou moins strictement le contenu de la propriété privée.</p>
<p>Comte et Dunoyer rompent complètement avec les traditions de l&#8217;humanisme civique, de la démocratie à la Rousseau et du conservatisme orthodoxe qui demandent que l&#8217;individu se soumette à la communauté politique, à la &#8221; volonté générale &#8220;, qu&#8217;elle soit exprimée par un type d&#8217;institutions ou un autre. Ils ne demandent rien de la sorte aux individus.</p>
<p>Dans leur vision d&#8217;une société libérale et industrielle, souligne David Hart, il n&#8217;y aurait aucun<br />
service militaire obligatoire puisqu&#8217;on aurait aboli les armées permanentes, et que l&#8217;échange commercial remplacerait la guerre comme forme normale d&#8217;interaction entre les nations. Il n&#8217;y aurait aucune obligation de voter puisque l&#8217;Etat serait minimal ou inexistant. Dans une société comme celle imaginée par Dunoyer, il n&#8217;y aurait aucun devoir civique, puisqu&#8217;il n&#8217;y aurait aucun Etat ni « civitas » pour imposer l&#8217;obéissance. Les seules obligations qui s&#8217;imposeraient aux individus seraient des règles morales choisies par chacun, qui évolueraient progressivement avec l&#8217;émergence de sociétés industrielles, modifiant ou « perfectionnant » la manière de penser et de faire des gens. Parmi ces obligations volontaires figurent en premier lieu le devoir de respect mutuel de la propriété et de la liberté de tous ceux qui participent à l&#8217;échange, ainsi que le renoncement à toute violence.</p>
<p>Murray Rothbard, le pape de l&#8217;anarcho-capitalisme moderne, n&#8217;éprouverait sans doute rien à redire à une telle vision. En fait, Rothbard lui-même a subi l&#8217;influence des écrits de Comte et Dunoyer. Non pas directement - car il ne lisait pas le français - mais indirectement, par l&#8217;intermédiaire de son proche ami le professeur Léonard Liggio (aujourd&#8217;hui à George Mason University)´qui a publié en 1977, dans le Journal of Libertarian Studies, un long article (Charles Dunoyer and French Classical Liberalism) qui reste encore la source d&#8217;information et d&#8217;étude la plus documentée sur le rôle joué par le Censeur européen et ses animateur au sein de l&#8217;école libérale française du 19ème siècle. Dans un texte de 1974 (Egalitarianism as a Revolt against Nature), Murray Rothbard présente une interprétation de l&#8217;histoire moderne, avec une vision du socialisme présenté comme une idéologie authentiquement &#8220;réactionnaire&#8221;, qui s&#8217;inspire très directement de celle présentée un siècle et demie plus tôt par Charles Comte et Charles Dunoyer dans les pages du Censeur européen.</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="left"><span style="font-family:Verdana, sans-serif;"><span style="font-size:x-small;"><a href="http://homepage.mac.com/dmhart/ComteDunoyer/index.html"></a></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="left"><span style="font-family:Verdana, sans-serif;"><span style="font-size:x-small;"><a href="http://homepage.mac.com/dmhart/ComteDunoyer/index.html"></a></span></span></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/hlepage.wordpress.com/41/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/hlepage.wordpress.com/41/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/hlepage.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/hlepage.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/hlepage.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/hlepage.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/hlepage.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/hlepage.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/hlepage.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/hlepage.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/hlepage.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/hlepage.wordpress.com/41/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=hlepage.wordpress.com&blog=2446602&post=41&subd=hlepage&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>° Faut-il obliger les gens à s&#8217;assurer ?</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Mar 2008 16:54:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>

		<category><![CDATA[Assurance]]></category>

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		<description><![CDATA[Individual Mandates for Health Insurance, par Michael Tanner 
Un grand merci au Cri du Contribuable et à son rédacteur en chef, Charles d&#8217;Andigné, pour m&#8217;avoir rappeler l&#8217;existence de ce texte, que j&#8217;avais écris pour un premier essai de blogue entrepris en 2005, et que je n&#8217;ai jamais véritablement publié. Le Cri du contribuable devrait très prochainement en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a target="_blank" href="http://www.cato.org/people/tanner.html">Individual Mandates for Health Insurance, par Michael Tanner</a><em> </em></p>
<p><em>Un grand merci au Cri du Contribuable et à son rédacteur en chef, Charles d&#8217;Andigné, pour m&#8217;avoir rappeler l&#8217;existence de ce texte, que j&#8217;avais écris pour un premier essai de blogue entrepris en 2005, et que je n&#8217;ai jamais véritablement publié. <a target="_blank" href="http://www.contribuables.org/impots/publications/le-cri-du-contribuable/">Le Cri du contribuable</a> devrait très prochainement en publier une version raccourcie. Ce papier s&#8217;insère dans le cadre des discussions ouvertes à <a target="_blank" href="http://www.turgot.org/">l&#8217;Institut Turgot </a>à la suite de la publication, en 2005, du livre de Jean-Luc Migué, &#8220;<a target="_blank" href="http://www.turgot.org/sites/turgot/produit/produit.php/produit/sante_publique_en_danger">Santé publique, santé en danger</a>&#8220;. Au cours des deux dernières années, ce chantier sur l&#8217;avenir de l&#8217;organisation du système de santé est resté quelque peu en déshérence. Mais de nouveau travaux devraient prochainement en relancer l&#8217;activité.</em></p>
<p>Dès qu&#8217;on évoque l&#8217;hypothèse d&#8217;une approche libérale de la santé - telle que celle présentée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Migu%C3%A9">Jean-Luc Migué</a> dans son étude publiée par l&#8217;Institut Turgot -, on s&#8217;attire immanquablement toujours la même remarque : que ferez-vous des gens qui ne s&#8217;assureront pas ?</p>
<p>D&#8217;où la réponse, classique, que l&#8217;on retrouve même sous la plume de Jean-Luc Migué : le retour à un véritable marché de la santé suppose, bien sûr, que le système soit complété par une obligation légale de souscrire une assurance santé individuelle (ou familiale), tout comme la loi contraint par exemple les automobilistes à disposer d&#8217;une assurance accident. Ce &#8220;bien sûr&#8221;, cette certitude qu&#8217;une telle obligation ne serait pas contradictoire avec la recherche d&#8217;une solution libérale est si forte que Jean-Luc Migué, par rapport à qui il est pourtant difficile de faire &#8220;plus libéral&#8221;, ne s&#8217;attarde même pas sur le sujet, n&#8217;y consacrant que quelques lignes sommaires.</p>
<p><span id="more-40"></span></p>
<p>A plusieurs reprises, lors d&#8217;exposés visant à présenter notre livre &#8220;Santé publique, santé en danger&#8221;, je n&#8217;ai pas caché le trouble que provoquait chez moi cette apparente évidence. Sans vouloir nécessairement adopter une attitude extrémiste, en toute rigueur j&#8217;ai intellectuellement du mal à accepter qu&#8217;une politique libérale puisse s&#8217;appuyer sur des dispositions légales contraignantes, imposant aux individus d&#8217;acheter un bien ou un service dont ils ne seraient pas volontairement acheteurs. C&#8217;est une question de cohérence intellectuelle.</p>
<p>Certains ont proposé que l&#8217;on complète l&#8217;obligation légale d&#8217;assurance par un dispositif consistant à ce que l&#8217;Etat garantisse à tous le versement d&#8217;une subvention personnelle minima affectée exclusivement au financement de l&#8217;achat d&#8217;une assurance santé. Un tel mécanisme se marierait assez facilement avec la technique préconisée des compte d&#8217;épargne santé. L&#8217;Etat verserait à chacun une somme forfaitaire correspondant au coût d&#8217;achat d&#8217;une couverture santé minima, et qui ne pourrait être utilisée que pour contribuer à l&#8217;achat d&#8217;une assurance (l&#8217;individu faisant l&#8217;appoint sur ses fonds personnels si le niveau de couverture est plus important). Cette proposition est celle de <a target="_blank" href="http://www.cato.org/pubs/pas/pa532.pdf">John Goodman, le Président du National Center for Policy Analysis (Dallas)</a>, dont j&#8217;admire beaucoup les travaux, et dont les écrits sont une source importante d&#8217;inspiration pour ceux qui, à l&#8217;Institut Turgot, essaient de réfléchir - sans entraves - à quelles formes pourraient prendre un marché libre de la santé.</p>
<p>Je découvre aujourd&#8217;hui que même cette idée traduit en fait un reste de conditionnement étatique inavoué. Je le découvre dans un texte que vient de publier le Cato Institute, dans sa série &#8220;<a target="_blank" href="http://www.cato.org/pubs/pas/pa565.pdf">Policy Analysis</a>&#8220;. Il s&#8217;agit d&#8217;une étude de <a target="_blank" href="http://www.cato.org/people/tanner.html">Michael Tanner</a>, un économiste du Cato, spécialisé dans les problèmes de la santé et du welfare, qui vient de sortir un très intéressant livre explorant les voies d&#8217;un retour à la concurrence pour l&#8217;organisation de l&#8217;industrie de la santé.</p>
<p>L&#8217;idée d&#8217;imposer l&#8217;assurance obligatoire découle principalement du souci des économistes d&#8217;éviter les situations de &#8220;passager clandestin&#8221;. Dans un système libre, il est inévitable qu&#8217;un certain nombre de gens ne s&#8217;assurent pas. Soit parce qu&#8217;ils sont trop pauvres pour le faire, et qu&#8217;il leur semble plus logique de consacrer le peu de ressources dont ils disposent pour satisfaire des besoins plus urgents. Soit tout simplement parce qu&#8217;il s&#8217;agit de personnes qui, comme les jeunes, en bonne santé, font un calcul rationnel et considèrent qu&#8217;à leur âge le coût d&#8217;une telle couverture est (temporairement) disproportionné par rapport au risque couru. La conséquence de leur retrait est que la population de ceux qui s&#8217;assurent sera plus âgée, avec des risques de santé donc plus importants; ce qui se répercute sur le prix des assurances et fait qu&#8217;en moyenne le coût d&#8217;une couverture sera plus élevé pour tous ceux qui acceptent volontairement de s&#8217;assurer. On a le cas classique d&#8217;une situation où le calcul individuel étroit de quelques uns entraine un &#8220;coût collectif&#8221; pour tous les autres. Moins d&#8217;assurance sera produit qu&#8217;il ne serait socialement optimal. L&#8217;obligation d&#8217;assurance permettrait de corriger cette situation en contraignant les acteurs individuels à &#8220;internaliser&#8221;, comme disent les économistes, l&#8217;&#8221;externalité&#8221; ainsi créée.</p>
<p>Michael Tanner ne conteste pas la légitimité de ce raisonnement économique traditionnel, mais il y oppose trois réflexions. La première concerne la difficulté concrète de mise en oeuvre d&#8217;une telle disposition. La seconde, les leçons du précédent de l&#8217;assurance automobile. Et la troisième, les avantages dynamiques d&#8217;un régime de liberté.</p>
<p>- 1) Michael Tanner attire l&#8217;attention sur l&#8217;énormité des difficultés concrètes auxquelles se heurterait la mise en place d&#8217;une telle législation.</p>
<p>Par exemple, la première exigence serait de disposer d&#8217;un mécanisme efficace permettant de savoir qui a ou n&#8217;a pas d&#8217;assurance, qui se soumet ou non à l&#8217;obligation légale d&#8217;être assuré. C&#8217;est plus vite dit que fait. On pourrait imaginer que chaque contribuable soit contraint de présenter au fisc, avec sa déclaration d&#8217;impôt, une attestation d&#8217;assurance. Mais tout conducteur n&#8217;est pas nécessairement un contribuable, loin s&#8217;en faut (c&#8217;est particulièrement vrai en France où l&#8217;impôt sur le revenu ne touche qu&#8217;une minorité de gens). A ceux qui sont trop pauvres pour payer des impôts s&#8217;ajoutent également tous les fraudeurs que les services du fisc ont beaucoup de mal à identifier, les sans domicile fixe, les chômeurs, les personnes entre deux logements ou entre deux emplois, etc. Cela fait beaucoup de monde qui échapperait au filet - même avec la menace de sanctions onéreuses (car quelle pourrait être leur efficacité si la plupart de ceux qui ne respectent pas l&#8217;obligation sont en fait des gens de faibles moyens ?).</p>
<p>Par ailleurs, il faudra que les pouvoirs publics définissent au moins le contenu d&#8217;un contrat-type minimal s&#8217;imposant à tous. Mais, souligne Michael Tanner, on n&#8217;évitera pas la surenchère des lobbies médicaux et professionnels qui réclameront que telle maladie, telle prestation, tels risques, dont leurs chiffres d&#8217;affaires dépendent, soient réintégrés dans la prise en charge minimale obligatoire. La logique du marché politique reprendra vite le dessus, privant les gens de la possibilité d&#8217;un choix d&#8217;assurance réellement minimal, et les contraignant - sans leur demander leur avis - à acquitter des primes minima de plus en plus élevées. Ce qui aura pour effet pervers d&#8217;aggraver encore davantage le nombre de fraudeurs, et donc le coût d&#8217;administration du système, au détriment - comme toujours - des moins riches.</p>
<p>- 2) L&#8217;exemple de l&#8217;assurance automobile est, de ce point de vue, particulièrement riche d&#8217;enseignement. L&#8217;assurance contre les accidents automobiles est désormais obligatoire dans la plupart des pays. Aux Etats-Unis, cela dépend des états. Ce qui permet d&#8217;établir des comparaisons. Sait-on que dans les 47 états américains où cette obligation est en vigueur, on recense tout de même environ 15 % de chauffeurs qui conduisent sans assurance ? La proportion monte même à plus de 25 % dans une ville comme Los Angeles. Dans les trois états où l&#8217;assurance n&#8217;est pas encore obligatoire, et où il n&#8217;y a donc pas de sanction, les sondages font apparaître une proportion d&#8217;automobilistes roulant sans assurance de &#8230; 15 % en moyenne. Autrement dit, malgré, malgré le risque de lourdes amendes financières, le caractère contraignant de l&#8217;assurance obligatoire ne change guère le nombre de ceux qui, de toute façon, restent non assurés. Troublant, non ?</p>
<p>D&#8217;autant plus troublant que ce chiffre est également à peu de choses près celui qui, nous dit Michael Tanner, correspond, dans le système actuel, à la proportion d&#8217;américains non couverts par une assurance santé. Même dans un état comme Hawaï, où existe depuis longtemps une loi qui contraint tout employeur à offrir à ses employés une assurance-santé, il y a encore plus de 10 % de salariés qui n&#8217;en ont pas. Tout se passe donc comme si la contrainte en réalité ne permettait pas de réduire de manière substantielle les coûts économiques liés aux imperfections des mécanismes de l&#8217;assurance au-dessous de ce qu&#8217;ils sont dans un marché libre où l&#8217;acte assurantiel continuerait de relever du libre choix des individus.</p>
<p>- 3) L&#8217;analyse statique ne permet pas de prouver qu&#8217;un régime soit a priori meilleur que l&#8217;autre. Liberté ou obligation, la fatalité des comportements de &#8220;passager clandestin&#8221; entraîne la présence de coûts sociaux apparamment incompressibles. Mais il n&#8217;en va pas de même si l&#8217;on prend un optique dynamique et évolutive.</p>
<p>Si la contrainte, comme on l&#8217;a vu, entraîne - via le marché politique - le déclenchement d&#8217;une spirale réglementaire aux coûts croissants (et donc justifie qu&#8217;un nombre toujours plus grand d&#8217;individus adopte un comportement de resquilleurs), la liberté, rappelle Michael Tanner, a l&#8217;effet inverse : en faisant jouer la concurrence entre offreurs de produits d&#8217;assruance, et en décentralisant la responsabilité des choix de santé et d&#8217;assurance au niveau des individus eux-mêmes, elle suscite au contraire une logique et une émulation de baisse des coûts et des prix, qui réduisent l&#8217;avantage, et l&#8217;incitation relative à se comporter en resquilleur. La contrainte déclenche un cercle pervers, mais la liberté engendre un cercle vertueux.</p>
<p>Parce que soins de santé et assurances coûteront moins cher, toutes choses égales d&#8217;ailleurs, plus de gens auront les moyens d&#8217;accepter volontairement d&#8217;assurer leurs propres riques de santé. Il y aura toujours des gens sans assurances. Mais l&#8217;ampleur du problème ainsi posé aux autres aura toutes chances d&#8217;être moins grave. Globalement, tout le monde y gagnera grâce au surplus de richesses rendu possible.</p>
<p>Ainsi, conclue Michael Tanner, si l&#8217;on veut vraiment faire en sorte que les gens se retrouvent plus égaux devant les risques de santé, la seule manière de s&#8217;y prendre consiste à fonder le système de soins et d&#8217;assurance non pas sur des principes redistributifs, mais sur des mécanismes de marché qui redonnent aux individus la liberté de contrôler et d&#8217;assurer la pleine responsabilité de leurs décisions de santé.</p>
<p>L&#8217;analyse de Michael Tanner peut paraître bien ésotérique, bien éloignée de nos préoccupations contrètes. Mais il n&#8217;est pas inutile que, de temps à autre, des auteurs courageux viennent débusquer les virus idéologiques qui, souvent à notre insu, et sans que nous en ayons conscience, persistent malgré tout dans les esprits, même des plus avertis</p>
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		<title>° Les conséquences de l&#8217;affaire Bear Sterns</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Mar 2008 17:54:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le scénario du pire, selon Nouriel Rubini
« Ce qui me rend optimiste », par Anatole Kaletsky 
Comme beaucoup, je me suis senti profondément interpellé par les événements financiers des dernières semaines. Je veux bien sûr parler du sauvetage in extremis de Bear Sterns par l&#8217;intervention conjointe de la FED et de JP Morgan. Que la cinquième banque d&#8217;affaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a target="_blank" href="http://www.ft.com/cms/s/4d19518c-df0d-11dc-91d4-0000779fd2ac,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2F4d19518c-df0d-11dc-91d4-0000779fd2ac.html&amp;_i_referer=">Le scénario du pire, selon Nouriel Rubini</a><br />
<a target="_blank" href="http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/anatole_kaletsky/article3593362.ece">« Ce qui me rend optimiste », par Anatole Kaletsky </a></p>
<p>Comme beaucoup, je me suis senti profondément interpellé par les événements financiers des dernières semaines. Je veux bien sûr parler du sauvetage in extremis de Bear Sterns par l&#8217;intervention conjointe de la FED et de JP Morgan. Que la cinquième banque d&#8217;affaire américaine se retrouve en situation de faillite du jour au lendemain, est un événement majeur, un véritable tremblement de terre. Qu&#8217;est-ce que cela signifie ? Est-ce à dire que tous ceux qui nous disent que nous sommes engagés depuis l&#8217;été dans un processus de crise systémique débouchant sur une crise économique d&#8217;ampleur gravissime auraient finalement raison ?</p>
<p>Je me suis posé la question toute la semaine, en me demandant si l&#8217;heure n&#8217;était pas venue de réviser complètement les conclusions - plutôt optimistes et rassurantes - de mes précédentes analyses. La réponse, je l&#8217;ai trouvée dans la lecture d&#8217;une papier du chroniqueur économique britannique Anatole Kaletsky, publié par Gavekal, la firme de Hong Kong fondée par mon ami Charles Gave. Elle est « non ».</p>
<p><span id="more-38"></span>Que dit Kaletsky ? Que la question qui se pose est de savoir si les derniers événements trouvent leur origine dans une « crise de solvabilité » qui serait en train de contaminer tous les secteurs de l&#8217;industrie financière américaine, ou seulement dans une « crise de liquidité » d&#8217;une ampleur exceptionnelle.</p>
<p>La différence entre les deux peut paraître fort ténue. Mais elle est en fait fondamentale car les conclusions qu&#8217;on est susceptible d&#8217;en tirer pour l&#8217;avenir ne sont pas du tout les mêmes.</p>
<p><strong> Deux interprétations</strong></p>
<p>S&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une « crise de solvabilité », alors il faut craindre le pire, car cela signifie que toutes les interventions monétaires de la FED (baisse des taux, refinancement à guichets ouverts des établissements défaillants&#8230;), aussi intensives et efficaces qu&#8217;elles puissent paraître à court terme, n&#8217;arriveront jamais à enrayer le processus de crise systémique déclenché l&#8217;été dernier par l&#8217;affaire des sub-primes.</p>
<p>A l&#8217;inverse, si l&#8217;on pense qu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;une « crise de liquidité », tout est différent. Il s&#8217;agit d&#8217;une situation parfaitement adaptée aux divers modes d&#8217;intervention d&#8217;une banque centrale. C&#8217;est même, en définitive, la raison première de l&#8217;existence des banques centrales. Elles sont là pour ça, pour traiter ce genre de problème.</p>
<p>Dans ce cas, on peut être relativement optimiste. Sans doute y aura-t-il d&#8217;autres surprises, d&#8217;autres rebondissements, peut-être d&#8217;autres frayeurs, mais la détermination et l&#8217;extrême réactivité dont ont fait preuve les dirigeants américains de la FED permettent de penser que la situation est désormais sous contrôle, et que tout risque de véritable crise systémique est désormais écarté.</p>
<p>Ce qui s&#8217;est passé depuis l&#8217;été dernier ne serait, somme toute, pas d&#8217;une nature très différente - bien que d&#8217;ampleur exceptionnelle - des autres accidents boursiers ou financiers qui ont émaillé l&#8217;histoire économique des vingt dernières années, sans jamais véritablement entraver le processus de la mondialisation capitaliste, ni la poursuite de la croissance économique.</p>
<p><strong> La thèse du &#8220;nouveau 29&#8243;</strong></p>
<p>Le scénario de la « crise de solvabilité » est celui qui correspond au consensus de la plupart des commentaires médiatiques qui y voient le signe d&#8217;une crise générale du capitalisme qui serait le pendant moderne de la crise de 1929. C&#8217;est le scénario que développe l&#8217;économiste américain Nouriel Rubini dans le remarquable texte dont le journaliste du Financial Times, Martin Wolf, présente les conclusions. Personne n&#8217;a sans doute mieux que lui résumé les douze étapes d&#8217;un processus classique de « déflation par la dette » dont les grandes lignes ont été présentées par le célèbre économiste Irving Fisher dans l&#8217;entre-deux-guerres. Selon Rubini - dont les analyses sont consultables sur le site de RGE Monitor, à condition de s&#8217;inscrire -, la faillite de Bear Sterns prouverait que les Etats-Unis auraient aujourd&#8217;hui atteint le stade 9 du processus de plongée dans les abysses d&#8217;une crise économique qui ne serait pas sans rapport avec ce que les Japonais ont connu dans les années 1990. Autrement dit, l&#8217;âge d&#8217;or de la mondialisation est terminé. Les américains doivent s&#8217;attendre à une sévère récession, suivie d&#8217;une période durable de croissance très ralentie.</p>
<p><strong> La spécificité du cas Bear Sterns</strong></p>
<p>L&#8217;analyse d&#8217;Anatole Kaletsky s&#8217;appuie, elle, sur l&#8217;observation d&#8217;un fait singulier. Le plongeon de la Bear Sterns n&#8217;a plus rien à voir avec les sub-primes, ni avec une question de défaut d&#8217;emprunteurs qui auraient massivement investi dans de mauvais risques. C&#8217;est tout le contraire. Bear Stern a plongé à cause de l&#8217;effondrement soudain et particulièrement rapide de la valeur d&#8217;un actif constitué principalement de prêts hypothécaires de première qualité, non suspects d&#8217;être contaminés par les sub-primes, mais aussi d&#8217;obligations irréprochables telles que celles émises par les grandes agences hypothécaires quasi-publiques telles que Fannie Mae et Freddie Mac - à priori peu susceptibles de faire jamais faillite un jour du fait de la garantie dont elles bénéficie de la part du Gouvernement américain -, ou par des US Government Sponsored Enterprises (GSEs) dont on considère traditionnellement que les titres sont littéralement interchangeables avec les obligations du Trésor américain</p>
<p>Comment se fait-il qu&#8217;en très peu de temps les prix des obligations de ces établissements, protégés par la garantie de l&#8217;Etat, aient baissé au point de détruire la solvabilité de la Bear Sterns, mais aussi d&#8217;autres grands établissements financiers comme la Carlyle Capital Corporation (huit jours plus tôt) et d&#8217;autres hedge funds dont la particularité était d&#8217;avoir construit leurs opérations de levier sur un usage exceptionnel de ces types de produits financiers qui rapportaient des primes d&#8217;intérêt légèrement plus élevées que les placements sur le marché monétaire ? Y aurait-il vraiment une raison pour croire que cette garantie de l&#8217;Etat US serait aujourd&#8217;hui moins crédible que par le passé ? En période de crise financière, au moment où toute l&#8217;attention des autorités est précisément mobilisée sur les risques d&#8217;engrenage systémique, c&#8217;est invraisemblable. Alors, pourquoi ?</p>
<p><strong> La crise des &#8220;monolines&#8221;</strong></p>
<p>L&#8217;origine du problème se trouve dans les événements qui, depuis le début de l&#8217;année, ont marqué le marché dit des « monoline insurers », lorsque ces assureurs spécialisés dans la réassurance des portefeuilles d&#8217;obligations municipales ont à leur tour été atteints par la contagion des mauvaises créances immobilières (parce qu&#8217;ils avaient peu à peu étendu leurs activités à la réassurance de l&#8217;ensemble des risques financiers portés par les banques).</p>
<p>La perspective de voir le rating de ces établissements ramenés d&#8217;un triple A à des classements inférieurs a eu pour effet de provoquer un effondrement des cours des obligations municipales, dont les rendements sont montés à des niveaux de Junk bonds. Ce choc a provoqué un nouveau processus cumulatif d&#8217;effets de levier négatifs et de « ventes forcées » qui, comme à l&#8217;automne, lors de la crise bancaire, a brutalement engorgé le marché et déclenché une nouvelle course au cash, facteur de réapparition de poches d&#8217;insolvabilité dues non pas à une dégradation de la qualité du crédit mais à des effets systémiques d&#8217;illiquidité.</p>
<p><strong> Le tour des obligations</strong></p>
<p>Alors que le marché avait toujours considéré que de telles obligations ne comportaient aucun risque de liquidité, qu&#8217;on pouvait toujours les revendre sans problème en cas de difficultés, il découvre que, dans les circonstances présentes, ce n&#8217;est plus le cas. D&#8217;où la réapparition, dans l&#8217;évaluation de la valeur des obligations publiques, ou para-publiques, d&#8217;une prime de risque qui, par ricochet, s&#8217;étend à l&#8217;ensemble du secteur, même aux valeurs obligataires pourtant apparamment les plus sûres comme Fannie Mae ou Freddy Mac. Et c&#8217;est ainsi, conclue Kaletsky, que s&#8217;est noué le nouvel épisode qui a mené, il y a dizaine de jours, à la chute du cinquième établissement financier américain.</p>
<p>Cette analyse a un aspect inquiétant en ce qu&#8217;elle fait clairement apparaître l&#8217;ampleur systémique des problèmes qui affectent le fonctionnement de l&#8217;économie financière contemporaine. Mais, en même temps, elle est plutôt rassurante parce qu&#8217;elle tend à montrer que les événements du mois de mars 2008 ne sont en rien liés à une dégradation cumulative de la situation d&#8217;endettement des banques ou des entreprises américaines. Il n&#8217;y a pas contagion de mauvaises créances mais simple répétition, sur un autre compartiment de produits financiers, de ce qui s&#8217;était passé six mois plus tôt lors des événements bancaires de l&#8217;automne. Or il s&#8217;agit là d&#8217;une situation que l&#8217;on sait traiter, pour peu que les autorités montaires soient vigilantes (comme elles viennent d&#8217;ailleurs de le démontrer).</p>
<p><strong>Point de nadir ?</strong></p>
<p>La conclusion que j&#8217;en tire personnellement est que malgré l&#8217;aspect spectaculaire de l&#8217;incident, il n&#8217;y a pas lieu de s&#8217;alarmer. Rien ne justifie de revenir sur les prévisions plutôt relativement optimistes de mes précédents textes.</p>
<p>Le grand soir de l&#8217;économie capitaliste n&#8217;est pas encore arrivé. Je serais assez disposé pour penser, en accord avec Anatole Kaletsky (mais aussi avec les économistes français que j&#8217;ai écouté la semaine dernière sur BFM Radio, dans <a target="_blank" href="http://www.1001podcast.com/podcast/BFM/channel78/20080321_debat_bfm.mp3?R=BFM%2526S=channel78%2526media_url=http://www.1001podcast.com/podcast/BFM/channel78/20080321_debat_bfm.mp3">le 9-10 de Stéphane Soumier du 21 mars</a>), que la grande panique que nous venons de connaître pourrait bien se révéler être le nadir du cycle bancaire enclanché au cours de l&#8217;été dernier lors de l&#8217;explosion de la bulle immobilière américaine. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le message que semblent confirmer les marchés depuis la semaine dernière.</p>
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		<title>° Flagrant délit&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Feb 2008 09:47:32 +0000</pubDate>
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 … où il apparaît clairement que Jacques Attali aurait besoin d’un bon cours de recyclage sur le concept d’ordre de marché ! Il n’a vraiment rien compris…
Si j’ai un conseil à lui donner, ce serait de se tourner vers notre ami Philippe Nemo qui vient de rééditer l’opus magnum d’Hayek “Droit, Législation et Liberté” aux Presses Universitaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://hlepage.wordpress.com/2008/02/26/%c2%b0-flagrant-delit/"><img src="http://img.youtube.com/vi/9hoa0UzUdd0/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p> … où il apparaît clairement que Jacques Attali aurait besoin d’un bon cours de recyclage sur le concept d’<em>ordre de marché ! </em>Il n’a vraiment rien compris…</p>
<p>Si j’ai un conseil à lui donner, ce serait de se tourner vers notre ami <a target="_blank" href="http://www.wikiberal.org/wiki/index.php?title=Philippe_Nemo">Philippe Nemo </a>qui vient de rééditer l’opus magnum d’Hayek “<em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/Droit-lÃ©gislation-libertÃ©-formulation-principes/dp/2130564968?tag=word08-20" title="Droit, Legislation et Liberté"><font color="#0066cc">Droit, Législation et Liberté</font></a>” </em>aux Presses Universitaires de France. Cette seconde édition (en un seul volume, au lieu de trois dans la précédente édition) est précédée d’une nouvelle introduction rédigée par Philippe Nemo. Il y réalise un véritable tour de force en nous résumant tout l’essentiel de la pensée Hayékienne en un nombre minimal de page.</p>
<p><em>Extrait de l’émission “<a target="_blank" href="http://www.publicsenat.fr/emissions/bibliotheque_medicis/">Bibliothèque Médicis</a>” sur Public Sénat, diffusée le 21 janvier 2008, et dont le sujet était le rapport de la Commission Attali.</em> </p>
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		<title>° Le balancier de l&#8217;Histoire</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 09:11:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Crise]]></category>

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		<description><![CDATA[  Je rappelle mon diagnostic. L&#8217;actuelle crise financière conduit à une sérieuse détérioration de la conjoncture économique pour les 12/18 prochains mois, aux Etats-Unis et en Europe. Mais nous ne sommes pas au bord du gouffre. Nous ne sommes pas sur le point de subir une grande dépression économique mondiale, type 1929 à la puissance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>  Je rappelle mon diagnostic. L&#8217;actuelle crise financière conduit à une sérieuse détérioration de la conjoncture économique pour les 12/18 prochains mois, aux Etats-Unis et en Europe. Mais nous ne sommes pas au bord du gouffre. Nous ne sommes pas sur le point de subir une grande dépression économique mondiale, type 1929 à la puissance n. Et cela pour deux raisons essentielles : absence - du moins pour l&#8217;instant - de tout engrenage protectionniste visible; surveillance bien plus efficace des banques centrales (voir le premier post: &#8220;<a href="http://hlepage.wordpress.com/2008/02/05/leconomie-de-roller-coaster/">Pourquoi je n&#8217;y crois pas</a>&#8220;).</p>
<p>George Soros a de nouveau marqué les esprits en publiant dans le Financial Times un article où il prévoit &#8220;<a target="_blank" href="http://www.ft.com/cms/s/0/1a7af090-c956-11dc-9807-000077b07658.html?nclick_check=1">la crise de marché la plus sévère depuis soixante ans</a>&#8220;. Il y dit beaucoup de choses justes. Mais je me rappelle qu&#8217;en 1998, à l&#8217;occasion de la crise Asiatique, il avait publié un livre où il annonçait déjà la même chose. Ce qui m&#8217;avait donné l&#8217;occasion d&#8217;en faire une réfutation dans la revue de Patrick Wajsman, <a target="_blank" href="http://www.politiqueinternationale.com/revue/article.php?id_revue=3&amp;id=508&amp;content=synopsis">Politique Internationale</a>. Bien qu&#8217;on ne puisse sous-estimer la gravité de la crise financière en cours, il n&#8217;y a pas de raison pour que ce qu&#8217;il annonçait hier soit aujourd&#8217;hui davantage d&#8217;actualité.</p>
<p>Est-ce à dire qu&#8217;après les difficultés de 2008/2009, la purge ayant produit ses effets, tout repartira comme avant ? Une fois assainie, l&#8217;économie mondiale va-t-elle s&#8217;engager dans un nouveau cycle qui, quelques années plus tard, se laissera à son tour emporter par un épisode de débordement spéculatif, pour se terminer par un krach de plus ? Et ainsi de suite&#8230; Aurions-nous trouvé le secret d&#8217;une sorte de mouvement perpétuel qui n&#8217;aurait pas nécessairement de fin ? Je ne le crois pas.</p>
<p><span id="more-34"></span></p>
<p>Je ne crois pas non plus à la thèse inverse. A savoir que même si nous échappons aujourd&#8217;hui au pire, ce ne serait que partie remise - l&#8217;inflation qui nourrit ces mouvements de montagnes russes devant nécessairement déboucher plus tard sur une catastrophe. </p>
<p><b>Ce que Hayek n&#8217;a pas vu</b></p>
<p>Tous ceux qui me connaissent savent que je suis un grand admirateur d&#8217;Hayek et de toute son œuvre. Néanmoins je me rappelle d&#8217;un long entretien, à la fin des années 1970, où lui même nourrissait ce genre d&#8217;idée : nul ne peut échapper à son destin ! quand on faute (l&#8217;inflation), il faut bien en payer la note un jour; et plus on attend, plus le prix à payer sera élevé.</p>
<p>J&#8217;ai retrouvé les propos qu&#8217;il me tenait alors, dans un chapitre de mon livre &#8220;Demain le Libéralisme&#8221; (1980). &#8220;Ce dont j&#8217;ai peur, m&#8217;expliquait-il, c&#8217;est que l&#8217;incapacité politique à juguler l&#8217;inflation nous conduise à recourir à des techniques brutales qui aggraveront au centuple les dislocations que nourrit la crise. Moyennant quoi, j&#8217;ai bien peur que nous ne passions pas les vingt ans qui viennent sans connaître une véritable catastrophe&#8221;.</p>
<p>Presque trente ans se sont écoulés. Tout n&#8217;a jamais été parfaitement rose. La sévérité de la récession de 1982 fut un choc pour bien des Américains. Nul européen n&#8217;aurait prédit à l&#8217;époque qu&#8217;il était possible de vivre longtemps avec des taux de chômage avoisinant, ou même dépassant les 10%. Mais nulle catastrophe n&#8217;est survenue. Point d&#8217;effondrement. Au contraire.</p>
<p>Malgré toutes les ressources de sa formidable intelligence, Hayek n&#8217;avait prévu ni Reagan, ni Thatcher, ni la remarquable révolution intellectuelle qui, dans les années 1980, a entraîné - sauf en France - le déclin du dogmatisme keynésien. Surtout, il n&#8217;a pas eu la prescience des engrenages que déclenchait, alors même qu&#8217;il parlait, la grande inflation des années 1970. Il n&#8217;a pas vu que, dès cette époque, des processus étaient déjà à l&#8217;œuvre qui, en modifiant les lignes de force du fonctionnement de l&#8217;économie internationale (les eurodollars, le passage aux changes flottants), allaient enclencher le processus global d&#8217;ouverture et de déréglementation de l&#8217;économie mondiale.</p>
<p><b>Inflation en Asie</b></p>
<p>Je me demande si nous ne vivons pas actuellement une phase de transition où des processus très similaires, mais fonctionnant en sens inverse, sont en train de se mettre en place. Des processus qui font que la crise financière dont nous sommes les témoins ne serait pas seulement un nouvel avatar cyclique, mais l&#8217;effet et le symptôme de changements au niveau même des mécanismes longs de régulation de l&#8217;économie mondiale.</p>
<p>J&#8217;ai mentionné (cf &#8220;<a target="_blank" href="http://hlepage.wordpress.com/2008/02/05/leconomie-de-roller-coaster/">l&#8217;économie de roller-coaster</a>&#8220;) le rôle qu&#8217;ont vraisemblablement joué, dans le déclenchement du krach, au début de l&#8217;été 2007, les rumeurs sur un possible changement de cap de la politique de change chinoise. Ces rumeurs ont répandu la crainte que mettre un terme à la sous-évaluation chronique de la monnaie chinoise n&#8217;annonce le début d&#8217;une remontée durable du niveau des taux d&#8217;intérêt, et ne vienne ainsi compromettre la rentabilité, et donc la viabilité, de nombreux projets en cours de financement.</p>
<p>Or, aujourd&#8217;hui, il ne s&#8217;agit plus seulement de rumeurs, mais d&#8217;une véritable certitude.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que, depuis l&#8217;été, il s&#8217;est passé que les immenses liquidités injectées à juste titre par les banques centrales des pays de l&#8217;OCDE pour éviter l&#8217;effondrement systémique de leurs systèmes bancaires, ne sont pas restées en Occident. Très naturellement, elles ont été siphonnées, drainées vers les marchés des économies les moins affectées par la remise en cause des perspectives de croissance; c&#8217;est à dire vers l&#8217;Asie. Avec pour conséquence que ces pays se voient aujourd&#8217;hui menacés d&#8217;un véritable raz de marée inflationniste.</p>
<p>C&#8217;est particulièrement net en Chine. Depuis quelques temps déjà, le pays subissait une hausse des prix en pleine accélération (autour de 6,5 %), qui se manifestait par l&#8217;explosion des prix fonciers et immobiliers, des matières premières et des denrées alimentaires. Aujourd&#8217;hui la crainte des autorités est à l&#8217;évidence que cette inflation n&#8217;en vienne à échapper à tout contrôle, avec son cortège de problèmes sociaux et politiques - comme par exemple l&#8217;aggravation des mouvements de populations fuyant les campagnes vers les centres urbains.</p>
<p>Dans un tel contexte les pouvoirs publics ne peuvent pas rester sans rien faire. Quelque chose doit céder. Ce quelque chose ne peut être que la politique de change. Face à la grande marée montante de l&#8217;inflation le gouvernement et la banque centrale n&#8217;ont pas d&#8217;autre option que d&#8217;abandonner définitivement leur traditionnelle politique d&#8217;alignement sur le dollar, et donc de sous-évaluation du Renminbi.</p>
<p><b>Le couvercle saute</b></p>
<p>Si cette hypothèse se vérifie, c&#8217;est une révolution, un véritable coup de tonnerre. Cela revient en effet à faire sauter cette fameuse contrainte qui imposait un couvercle à l&#8217;évolution des taux, et assurait en quelque sorte le monde d&#8217;un approvisionnement durable en liquidités bon marché. C&#8217;est un événement qui change profondément la donne économique mondiale pour les années à venir.</p>
<p>Il est en effet possible d&#8217;imaginer, en gros, les principaux engrenages du processus qui devrait ainsi s&#8217;enclencher.</p>
<p>Le retour au libre flottement des monnaies asiatiques permet enfin aux mécanismes classiques d&#8217;ajustement des balances commerciales de fonctionner : on assiste à la réduction - voire à la disparition (à terme) - des excédents commerciaux asiatiques.</p>
<p>Mais moins d&#8217;excédents commerciaux signifie moins de dollars et autres devises fortes (euros) à recycler vers les coffres des banques centrales occidentales. A son tour, la réduction des balances dollars (et autres) diminue l&#8217;offre de capitaux disponibles pour s&#8217;investir dans le financement des déficits publics. Ce qui signifie que la pression qui, traditionnellement, s&#8217;exerçait sur les marchés occidentaux et y forçait le maintien de taux d&#8217;intérêt plus bas que le niveau &#8220;naturel&#8221; auquel ils auraient du s&#8217;établir disparaît.</p>
<p>Cependant, si le maintien de taux durablement bas avait pour effet de fausser les structures de production à l&#8217;avantage des placements de longue durée et des industries ou activités à forte intensité capitalistique et à cycle de production long, à l&#8217;inverse, le retour à des taux libres et ayant tendance à se fixer à des niveaux durablement plus élevés va provoquer un retour de balancier. Cette fois-ci ce sont les industries et activités à cycles de production courts (comme les secteurs produisant plus directement pour la consommation) qui vont être privilégiées, au détriment des biens capitaux ou des placements à caractère spéculatifs (beaucoup moins attractifs avec des taux d&#8217;intérêt plus élevés).</p>
<p>Résultat des courses : une situation où l&#8217;environnement n&#8217;est plus guère porteur pour l&#8217;émergence de nouvelles &#8220;bulles&#8221; financières. Une situation qui, de ce fait, dans la répartition des revenus, devrait également être moins favorable à la progression de la part des profits que ce ne fut le cas au cours de toutes ces dernières années.</p>
<p>On débouche sur un environnement économique profondément différent, voire inverse de celui qui a présidé aux grands succès de la mondialisation et des vagues d&#8217;innovation technologique contemporaines des quinze dernières années.</p>
<p><strong>L&#8217;annonce d&#8217;un retournement de cycle long ?</strong></p>
<p>Cette esquisse de scénario me ramène à l&#8217;un de mes ‘dadas&#8217; de l&#8217;époque où j&#8217;étais journaliste : l&#8217;étude des cycles longs, en particulier des cycles de Kondratieff.</p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;une approche qui découpe l&#8217;histoire économique depuis le milieu du 19ème siècle en grands mouvements oscillatoires d&#8217;environ cinquante ans, composés de deux phases, l&#8217;une dite de &#8220;hausse&#8221;, l&#8217;autre dite de &#8220;baisse&#8221;, d&#8217;à peu près égale durée (25 ans) chacune. Les Kondratieff de hausse sont généralement des périodes favorables à l&#8217;ouverture et à l&#8217;extension des échanges, marquées par une certaine exubérance de la croissance, une grande prospérité financière, et un partage des revenus plutôt favorable à la croissance de la part des profits. Les Kondratieff de baisse correspondent plutôt à des phases de consolidation et de difficultés, de repli sur soi, de retour des nationalismes économiques, de revanche des revenus du travail sur ceux du capital, avec des pannes de croissance plus marquées ou plus longues, et des périodes d&#8217;expansion plutôt plus courtes que pendant les phases de hausse.</p>
<p>Il est permis de se demander si les événements que nous vivons ne traduiraient pas l&#8217;amorce d&#8217;un processus de passage de l&#8217;économie mondiale d&#8217;un cycle de hausse à un cycle de baisse. Le mécanisme de basculement décrit plus haut inciterait à le penser - tout en gardant bien présent à l&#8217;esprit qu&#8217;il s&#8217;agit de processus qui se déroulent lentement et sur des espaces de temps relativement longs.</p>
<p>Faut-il s&#8217;en .alarmer ? C&#8217;est un sujet sur lequel je reviendrai dans un prochain post. </p>
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		<title>° L&#8217;économie de Roller-Coaster</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 20:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<category><![CDATA[système monétaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui suit vient compléter et expliciter les quelques commentaires que j&#8217;ai présentés dans ma précédente note &#8220;Pourquoi je n&#8217;y crois pas&#8221; (à la Grande Crise). Pour bien comprendre la nature des évènements économiques que nous vivons, il me semble qu&#8217;il faut revenir un instant sur un sujet qui a quasiment disparu, dont on ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Ce qui suit vient compléter et expliciter les quelques commentaires que j&#8217;ai présentés dans ma précédente note &#8220;<a target="_blank" href="http://hlepage.wordpress.com/2008/01/30/%c2%b0-pourquoi-je-ny-crois-pas/">Pourquoi je n&#8217;y crois pas</a>&#8221; (à la Grande Crise). Pour bien comprendre la nature des évènements économiques que nous vivons, il me semble qu&#8217;il faut revenir un instant sur un sujet qui a quasiment disparu, dont on ne parle plus guère: celui du fonctionnement du système monétaire international.</p>
<p>L&#8217;analyse que je propose est personnelle. Elle s&#8217;inscrit dans la continuité de réflexions qui ont débuté il y a plus de trente ans, et que je n&#8217;ai jamais vraiment abandonnées. Le schéma est succinct (il faut faire court). Certains points sont juste esquissés, d&#8217;autres négligés. Mais je pense que c&#8217;est un bon point de départ pour amorcer de fructueuses discussions.</p>
<p><span id="more-30"></span></p>
<p>La mondialisation des années 1980 et 1990 est un produit des effets pervers de l’ancien régime de Gold Exchange Standard.</p>
<p>Fauteur d’inflation généralisée – comme l’avait fort bien dénoncé en son temps le Général de Gaule, sur les conseils de Jacques Rueff -, le système était devenu totalement instable. Il avait produit une accumulation de liquidités internationales apatrides – les fameux « eurodollars » - qui déséquilibraient le système financier international et conduisaient à des épidémies de crises monétaires en chaîne.</p>
<p>Sa disparition, le 15 août 1971 lorsque le Président Nixon dévalua le dollar et le décrocha de toute référence à l’or, ouvrit une ère nouvelle.</p>
<p>Le passage à un régime de changes flottants généralisé redonnait aux autorités nationales la liberté de choix en matière de politique monétaire, et notamment la capacité d’attaquer enfin le mal inflationniste à la racine. C’est ce à quoi s’attelèrent les Etats-Unis sous la Présidence Reagan, au prix d’une grave récession certes, la plus grave de l’après-guerre, mais avec succès.</p>
<p>Le monde est alors entré, pour une période longue d’une vingtaine d’années, dans un cercle vertueux de désinflation, de déréglementation financière, d’ouverture des échanges , d’extension et d’accélération de la croissance sur toute la planète.</p>
<p><strong>Changes flottants et inflation</strong></p>
<p>Il serait faux cependant de croire que les vieux démons de l’inflation mondiale ont été définitivement éradiqués. Le diable est certes partiellement rentré dans sa boite. L’effondrement des régimes communistes, l’arrivée sur le marché mondial d’une offre nouvelle de centaines de millions de travailleurs à bas salaires, l’intensification de la concurrence au niveau planétaire ont imposé de sévères limites à la hausse des prix. Depuis le milieu des années 1990 un certain nombre de secteurs industriels mondiaux – ceux où l’innovation est la plus intense et la plus rapide - connaissent une conjoncture déflationniste marquée par une tendance longue à la baisse des prix. Mais le processus d’inflation des liquidités internationales n’a pas disparu.</p>
<p>Il n’y aurait pas de problème si nous vivions dans un réel univers de changes flottants, où tout le monde joue le jeu. En théorie le flottement des monnaies casse le mécanisme de multiplication des liquidités. Mais en réalité les exceptions à la règle n’ont jamais cessé d’être légion. Un grand nombre de pays – en Asie notamment – n’ont jamais cessé de pratiquer des politiques de flottement maîtrisé, leurs monnaies étant en pratique rattachées au dollar selon des formules dont la conséquence est, lorsqu’il s’agit d’économies émergentes en plein rattrapage, de conduire à une surévaluation durable de leur devise.</p>
<p>Ce sont ces politiques qui furent responsables de la grande crise asiatique de 1997 (dont la région s’est aujourd’hui relevée). Mais elles ont également eu pour conséquence de ressusciter les vieux mécanismes inflationnistes du défunt Gold Exchange Standard. Comment ? par la transformation des excédents de balance commerciale des pays émergents en pleine croissance en accumulation de réserves dans les coffres de la banque centrale américaine. Du fait de l’impureté des politiques de flottement, Bretton-Woods a ainsi cédé la place à un nouvel ordre international où les balances-dollars des pays en voie d’émergence sont devenus la principale source - non contrôlée - de création monétaire mondiale. Le système est en réalité pas moins essentiellement inflationniste que ne l’était son prédécesseur.</p>
<p>Tant que le déficit commercial des Etats-Unis avec le reste du monde restait limité, et que la concurrence des tigres asiatiques n’en était qu’à ses débuts, le problème n’était pas grave Mais la situation a évidemment changé à partir du moment où la Chine, avec son énorme potentiel humain, est entrée dans la danse, et où le déficit extérieur US a explosé.</p>
<p><strong>Le nouveau visage de l&#8217;inflation</strong></p>
<p>Tout bon économiste sait que l’inflation n’est pas à confondre avec la hausse des prix. Celle-ci n’est qu’un symptôme du mal, elle n’est pas le mal. L’inflation, c’est, au sens premier du terme, la multiplication des signes monétaires en proportion injustifiée par rapport à la croissance de ce qui est produit. Pour que l’extraordinaire accumulation de balances-dollars par les nouveaux pays industriels ne soit pas facteur d’inflation, il aurait fallu que tous les pays, à commencer par les USA, mais aussi la Chine et les autres états qui en sont les propriétaires, poursuivent des politiques monétaires restrictives dont l’objet serait d’en neutraliser les contreparties. Mais il est bien évident qu’on est très loin du compte.</p>
<p>De ce fait, même si les hausses de prix restent faibles, même si certaines industries, techniquement parlant, vivent depuis plus de dix ans dans un environnement de type « déflationniste », la réalité est que l’inflation n’est pas moins une réalité de notre monde d’aujourd’hui qu’elle ne l’était autrefois.</p>
<p>Mais si l’inflation ne se manifeste pas dans les prix, où va-t-elle ? La réponse est simple : dans la spéculation. Le thermomètre de l’inflation n’est plus l’indice des prix à la consommation, mais la hausse de la valeur relative des actifs.</p>
<p>Le mécanisme est (en gros) le suivant. Les dollars acquis par la voie de l’excédent commercial sont cédés à la banque centrale chinoise qui les replace essentiellement en bons du Trésor américain. Cet afflux de demande exerce une pression à la baisse sur les taux d’intérêt de la dette américaine.</p>
<p>Si les changes flottaient librement, la monnaie chinoise subirait un mouvement progressif de réévaluation qui ferait monter les prix des produits chinois vendus en Occident avec, à la clé, une réduction, voire une disparition des excédents commerciaux. Mais comme les autorités chinoises refusent toute réévaluation, et que la valeur du Renminbi reste rattachée au dollar, ce n’est pas ce qui se passe. L’accumulation persistante d’excédents a pour effet de bloquer les taux américains à des niveaux anormalement bas par rapport à ce qui devrait normalement être le cas.</p>
<p><strong>Le rôle des excédents chinois</strong></p>
<p>On sait ce qui se passe lorsque les taux d’intérêt restent durablement et anormalement bas. Les banques ouvrent les vannes du crédit, et les gens s’endettent à qui mieux mieux. C’est le mécanisme classique du boom macroéconomique. Le schéma que tous les économistes connaissent.</p>
<p>Mais la théorie économique autrichienne nous enseigne que le maintien de taux d’intérêt durablement bas entraîne aussi un effet qui n’est pas pris en compte par les schémas macroéconomiques traditionnels. Le maintien de taux anormalement bas provoque une distorsion de la structure de production. C’est ce sur quoi Hayek insiste dans son fameux livre écrit au moment de la Grande Dépression : lorsque le taux d’intérêt est trop bas, cela fait monter la valeur relative des investissements longs par rapport aux biens à cycle de production court. Cela favorise les biens capitaux par rapport aux biens de consommation ; notamment et surtout les placements et les secteurs d’activité qui recèlent les potentialités spéculatives les plus grandes.</p>
<p>C’est ainsi que naissent les « bulles spéculatives » du type de celles que nous venons de connaître dans un passé récent : la bulle des télécoms et de l’internet à la fin des années 1990, celle des « subprimes » qui nous préoccupe aujourd’hui. Ces bulles sont le produit naturel d’une inflation monétaire sous-jacente qui, parce qu’elle n’arrive pas à s’exprimer par la voie de l’indice des prix – du fait de l’intensité de la concurrence provenant des pays à bas salaires - se déverse en faisant exploser les prix des actifs, et plus particulièrement de certaines catégories d’entre eux.</p>
<p>Lesquels ? L’expérience des vingt dernières années nous donne la réponse. Les activités où les probabilités de tels enchaînements sont les plus grandes sont celles marquées par des courants d’innovations intenses et relativement récents – c’est-à-dire là où la liberté d’imaginer ce à quoi ressemblera le futur est la plus grande.</p>
<p><strong>Le mécanisme des &#8216;bulles&#8217;</strong></p>
<p>Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi qu’intervienne un élément déclencheur qui oriente les décisions de ceux qui détiennent les liquidités de préférence vers un secteur de placement particulier. Cet élément, c’est le plus souvent une décision réglementaire, ou même une déréglementation qui soudain modifie la distribution des espérances de rentabilité.</p>
<p>C’est le scénario qui s’est produit au cours des dernières années du siècle précédent. La bulle des télécoms et d’internet fut le produit très direct d’une déréglementation mal conçue (le Telecom Act de 1996). En instituant l’obligation de « common carrier » à laquelle devaient se conformer les grandes entreprises de téléphone et de télécommunications, le Telecom Act a fait surgir des espérances commerciales et boursières irréalistes qui n’avaient aucune chance de pouvoir jamais être satisfaites.</p>
<p>Il en va de même avec les « subprimes ». A l’origine se trouve une série de décisions législatives qui, dans les années 1980, ont enfin autorisé les établissements financiers à élargir leurs activités de prêts hypothécaires à des catégories de clients qui jusque là restaient exclus de ce marché. A cette époque, il n’y avait pas de demi-mesure : où bien vous aviez un passé bancaire totalement vierge, et vous étiez éligibles pour des prêts hypothécaires offerts au meilleur taux (« prime rate ») ; ou bien vous n’aviez ne serait-ce qu’un impayé ou une échéance ratée, et vous étiez ostracisé du marché au même titre que n’importe quel escroc patenté.</p>
<p>Les banques ont alors profité de cette nouvelle liberté et des fantastiques progrès apportés par les nouvelles technologies de l’information pour faire comme les compagnies aériennes : pratiquer une politique de segmentation à outrance permettant de proposer toute une série de produits nouveaux et de grilles tarifaires taillés sur mesure en fonction des profils particuliers et extrêmement divers de la clientèle.</p>
<p>Le résultat fut une véritable révolution : en une vingtaine d’années, la proportion de ménages américains propriétaires de leur logement a plus que doublé. En soi, rien de scandaleux, ni d’économiquement dangereux, mais un progrès incontestable. Sauf que se sont greffés là-dessus, d’une part, une décision du gouvernement US d’accorder une très forte franchise fiscale, de l’ordre de 500 000$, pour faciliter l’accession des ménages à la propriété et orienter prioritairement le placement des liquidités dans cette direction ; d’autre part le durcissement des réglementations foncières dans des états clés, tel la Californie - ce qui a nourri l’explosion de la rente foncière inclue dans le prix des maisons et, du moins pour un temps, facilité les formes de refinancement en boule de neige.</p>
<p>Ceci dit, une bulle spéculative ne dure jamais éternellement. Elle peut tenir plus ou moins longtemps, mais les prix ne peuvent pas s’envoler jusqu’au ciel. Le retournement survient le jour où les taux d’intérêt remontent, ou même tout simplement lorsqu’un événement conduit les marchés à anticiper une remontée future des taux.</p>
<p><strong>La vérité sur les &#8217;subprimes&#8217;</strong></p>
<p>C’est ce qui s’est passé au milieu de l’année dernière. Le terrain a été préparé par l’accumulation d’une série de mauvaises nouvelles sur le front de l’indice des prix. Mais l’un des éléments de déclenchement a été, à mon avis, la circulation d’informations laissant penser que les autorités chinoises étaient en train de faire évoluer leur politique de change (acceptation d’une réévaluation progressive du Renminbi, diversification des réserves en faveur de placements en euros). Prises au sérieux, ces informations annonçaient la fin du jeu tel qu’il fonctionne depuis l’émergence de la nouvelle puissance économique chinoise, et donc de nouvelles perspectives pour les taux d’intérêt.</p>
<p>Le krach s’est ainsi produit au moment où ces changements ont modifié l’équilibre financier des agents marginaux les plus sensibles à l’évolution de l’environnement monétaire. Leur faillite a fait boule de neige par un processus classique de contagion: disparition des liquidités, crise de confiance, effondrement de la vitesse de rotation de la monnaie.</p>
<p>Par eux-mêmes, les « subprimes » - c’est-à-dire les outils nouveaux et souvent ingénieux mis au point pour répondre aux besoins réels des gens désireux de devenir propriétaires – n’en sont pas responsables. S’il faut s’en prendre à quelqu’un, c’est à tous ceux qui, antérieurement, par leurs décisions, ont concouru à créer dans ce secteur un foyer d’inflation spéculative, puis à l’entretenir, voire l’intensifier.</p>
<p>Les « subprimes » ne sont que le véhicule d’un engrenage dynamique dont l’origine se situe fondamentalement dans la substitution à l’ancien système de Bretton Woods (qui était arrivé en fin de course) d’un nouveau type d’ordre monétaire international (changes flottants) dont certains acteurs tirent avantage en n’en respectant pas les règles nécessaires à son bon fonctionnement. Dans ce conteste, s’il n’y avait pas eu les subprimes, d’autres véhicules spéculatifs s’y seraient substitués, avec le même point d’aboutissement.</p>
<p><strong>Un nouveau tour de montagne russe ?</strong></p>
<p>L’implosion de la bulle nous ramène à l’actualité présente. Le krach a nécessairement des conséquences économiques négatives. Il déclenche un processus correcteur de type récessif qui ne peut tourner à la dépression que si certaines conditions sont réunies. Aujourd’hui elles ne le sont pas (voir ma note précédente). On peut donc sans crainte affirmer que, malgré tout ce qui s’écrit, tout danger de retour d’une grande dépression est exclu. Les médias jouent à nous faire peur.</p>
<p>Récession ? Oui, sans doute, mais pas nécessairement très forte. L’hyper-réactivité dont les autorités monétaires et politiques ont fait preuve au cours des derniers mois sera sans aucun doute payante. Du fait de son ampleur, le dispositif monétaire et budgétaire mis en place par les responsables américains fera effet. Il va y avoir panne de la croissance, mais il n’est même pas sûr qu’on enregistre une véritable récession, au sens technique du terme.</p>
<p>Il convient cependant de bien comprendre la véritable signification de ces politiques. Nous sommes tout simplement en train de mettre en place l’ensemble des conditions qui, au cours des prochaines années, vont mécaniquement engendrer un nouveau cycle financier et produire, comme par le passé, un nouvel épisode de boom spéculatif. A la seule différence que nous ne savons pas encore quels seront les secteurs ou les activités qui en seront le véhicule. Peut-être toutes ces activités nouvelles liées à l’environnement – dont les pouvoirs publics s’évertuent à nous convaincre qu’elles seront le vecteur de la croissance future, et qu’ils entourent de leur sollicitude? Peut-être aussi tout ce qui tourne autour de la santé et de la formidable révolution technologique qui s’y dessine ?</p>
<p>La question à poser est celle de l’avenir. Le processus actuel de croissance associé à la manifestation de cycles spéculatifs récurrents est-il soutenable ? Combien de temps ce petit jeu de montagnes russes peut-il encore durer ? Avec le retour à une logique de cycles financiers comme en connaissait le XIXème siècle, aurions-nous redécouvert la recette d’une sorte de mouvement perpétuel qui constituerait le prix à payer pour bénéficier des dividendes à long terme d’une croissance capitaliste dopée par l’accélération des innovations technologiques ? Ou bien faut-il craindre que nos politiques ne soient qu’une défausse qui consiste à retarder seulement les échéances, et que nous paieront demain par une inévitable catastrophe encore plus sévère ? Mes réponses dans une troisième note.</p>
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		<title>° Pourquoi je n&#8217;y crois pas</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jan 2008 12:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[The Worst Market Crisis in 60 Years, by George Soros                                         
Et c&#8217;est reparti&#8230; le spectre de 1929 rôde de nouveau autour de nous. On ne nous promet pas seulement un nouveau 1929, mais un 1929 à la &#8220;puissance n&#8221;. Pourquoi à la &#8220;puissance n&#8221; ? Ben voyons&#8230; tout simplement parce que la mondialisation est passée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><strong><a target="_blank" href="http://www.ft.com/cms/s/0/1a7af090-c956-11dc-9807-000077b07658.html" title="The Worst Market Crisis in 60 Years">The Worst Market Crisis in 60 Years</a>, by George Soros</strong>                                         </p>
<p>Et c&#8217;est reparti&#8230; le spectre de 1929 rôde de nouveau autour de nous. On ne nous promet pas seulement un nouveau 1929, mais un 1929 à la &#8220;puissance n&#8221;. Pourquoi à la &#8220;puissance n&#8221; ? Ben voyons&#8230; tout simplement parce que la mondialisation est passée par là. Puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus de frontières, puisque le monde n&#8217;est plus qu&#8217;un gigantesque libre marché dominé par une finance arrogante, il paraît évident que, comme les vents d&#8217;une tempête en mer que rien ne freine, les déferlantes de la crise qui arrivent sur nos rivages ne peuvent qu&#8217;être encore plus gigantesques.</p>
<p>En fait, il n&#8217;en est rien. C&#8217;est exactement l&#8217;inverse. l&#8217;élargissement des marchés est non pas un facteur d&#8217;amplification de chocs déstabilisateurs, mais au contraire un élément d&#8217;accroissement de la &#8220;résilience&#8221; du système économique.</p>
<p><span id="more-25"></span></p>
<p>&#8220;Résilience&#8221; ? Drôle de mot&#8230; Que veut-il dire ? Il s&#8217;agit d&#8217;un néologisme qui est apparu il y a environ une dizaine d&#8217;années, adapté du terme américain &#8220;resiliency&#8221;, et qui commence à être utilisé de manière assez répandue. Si vous en cherchez une définition, reportez-vous à l&#8217;excellent papier que Jean-Pierre Robin vient de publier dans Le Figaro-Economie du lundi 21 janvier 2008 : un terme qui unit les idées d&#8217;élasticité et de ressort; la capacité d&#8217;une économie à montrer plus de ressort, de résistance à l&#8217;adversité, à réagir plus vite et à s&#8217;ajuster.</p>
<p>Je prendrai un court exemple pour rappeler comment la mondialisation peut être un facteur d&#8217;accroissement de la résistance aux chocs conjoncturels : celui des délocalisations. Le fait qu&#8217;une part croissante des activités manufacturières émigre vers les économies émergentes signifie que ce sont elles qui seront les plus affectées par le ralentissement économique qui se prépare. La production manufacturière est en effet la partie du processus industriel la plus sensible aux variations cycliques de la demande. En revanche, la récession est une contrainte qui force les industriels à investir davantage dans la recherche de gains de productivité, dans l&#8217;innovation, dans les progrès de la logistique, dans la mise au point de nouveaux produits ou de nouvelles méthodes de vente, pour renforcer leur position concurrentielle. C&#8217;est donc une période qui, au sein du processus industriel, est relativement plus favorable aux activités à fort contenu de valeur ajoutée qui, elles, restent généralement localisées dans les pays développés. Paradoxalement, s&#8217;il y a récession, celle-ci devrait donc peser davantage sur les entreprises localisées dans les pays émergents que sur les nôtres.</p>
<p>Il est fort vraisemblable que le monde connaîtra un ralentissement économique plus ou moins fort qui s&#8217;étendra sur une période de 12 à 18 mois. Mais il est absurde de s&#8217;imaginer que le fantôme d&#8217;une réédition de la Grande Crise est là, à nos portes. Si la crise boursière de 1929 a servi de déclic, ce n&#8217;est pas elle qui a provoqué la récession des années Trente. Un accident boursier ou financier ne peut pas à lui seul suffire à déclencher une dépression d&#8217;une telle ampleur. La Crise des années Trente n&#8217;a été ce qu&#8217;elle fût que parce que, suite au krach, deux facteurs ont donné au phénomène récessif une dimension exceptionnelle, qui ne sont pas présents aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Le premier élément est le contexte international. La plongée dans la dépression a été principalement provoquée par le retour au protectionnisme commercial et financier. Celui-ci était déjà fortement amorcé depuis la guerre, et, au cours de l&#8217;immédiat après-guerre, il s&#8217;était encore renforcé en raison des difficultés des anciens belligérants à retourner à des finances équilibrées. Après le krach de 1929, cette tendance s&#8217;est généralisée. Rien n&#8217;a sans doute plus contribué au déclenchement de la dépression, par exemple, que le retour à la préférence impériale britannique en 1932. C&#8217;est l&#8217;épidémie protectionniste qui fut le facteur premier de généralisation de la crise mondiale.</p>
<p>Dieu merci, aujourd&#8217;hui, nous sommes dans un contexte très différent. Les vieux réflexes protectionnistes sont certes en train de refaire surface, notamment sur la scène politique. Il n&#8217;est pas impossible que la prochaine Présidence française de l&#8217;Union européenne soit, de ce point de vue, de plutôt mauvais augure. Les voix vont se multiplier pour demander que l&#8217;on réactive le mécanisme de la préférence communautaire. Mais, dans le contexte actuel des procédures institutionnelles européennes, pas mal d&#8217;eau aura déjà coulé sous les ponts avant que des décisions concrètes et opérationnelles puissent effectivement voir le jour. Il y a bien des chances pour que, d&#8217;ici là, la crise appartienne depuis longtemps déjà au passé, et que l&#8217;urgence ait disparue.</p>
<p>On peut effectivement s&#8217;inquiéter pour l&#8217;avenir de l&#8217;ouverture économique mondiale. Un &#8220;set back&#8221;, comme disent les anglo-saxons, n&#8217;est pas impossible. On assiste déjà à un retour en force d&#8217;accords commerciaux bilatéraux au détriment des procédures multilatérales qui, dans le passé, ont fait la mondialisation. Mais, à mon avis, tout cela ne jouera pas de rôle significatif avant un certain temps. Autrement dit, s&#8217;il y a un risque, cen&#8217;est pas avant le prochain cycle, lorsque se produira la prochaine grande spéculation, et donc le prochain krach, que celui-ci deviendra réel et menaçant pour la prospérité économique du monde. Disons, pour risquer un chiffre, pas avant cinq à sept ans.</p>
<p>Le second élement est lié aux grands progrés réalisés dans la connaissance des phénomènes monétaires et la pratique des politiques monétaires depuis cinquante ans. On sait aujourd&#8217;hui définitivement que le catéclysme de 1930 est lié à une gigantesque erreur monétaire commise par la banque centrale américaine. Alors que le krach boursier avait entrainé un effondrement de la liquidité bancaire, la FED a réagi en prenant des décisions qui ont considérablement aggravé le phénomène de ralentissement de la vitesse de circulation de la monnaie.</p>
<p>Depuis l&#8217;été dernier, nous connaissons un engrenage de même type. Mais la réaction des banques centrales a été tout à fait inverse. Avec les formidales interventions monétaires de l&#8217;été et de l&#8217;automne, plus le geste très fort de la FED lorsqu&#8217;elle a baissé d&#8217;un coup son taux d&#8217;intérêt de 3/4 de points, il y a trois semaines, il est possible de dire, par anticipation, que &#8220;la récession est d&#8217;ores et déjà finie&#8221;. Sachant que les autorités monétaires n&#8217;hésiteront pas à réagir immédiatement, et même à sur-réagir (comme ce fut sans doute le cas des autorités américaines) en cas de nouvelles inquiétudes sur la liquidité bancaire, l&#8217;engrenage du prie est stoppé. Lemouvement de ralentissement cyclique va continuer à se développer jusqu&#8217;à son terme logique, mais sans que cela prenne jamais nécessairement des dimensions catastrophiques.</p>
<p>Là encore, s&#8217;il faut s&#8217;inquiéter, ce n&#8217;est pas pour aujourd&#8217;hui, ou pour l&#8217;année qui vient, mais pour ce que cette politique promet pour les années suivantes. Ce sera l&#8217;objet de ma prochaine note.</p>
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		<title>° Climat sceptique</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jan 2008 20:29:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>

		<category><![CDATA[Réchauffement]]></category>

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		<description><![CDATA[En ce qui concerne le réchauffement climatique, je suis en fait 100 % d&#8217;accord avec LOmiG. Je me classe moi-même comme un &#8220;climat sceptique radical&#8221;. L&#8217;une de mes lectures favorites est le site climat-sceptique.com que publie Charles Muller. Un site que je recommande à tous ceux qui cherchent des arguments et des analyses pour combattre le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>En ce qui concerne le réchauffement climatique, je suis en fait 100 % d&#8217;accord avec <a target="_blank" href="http://hlepage.wordpress.com/2008/01/12/lalternative-liberale-a-kyoto/#comment-5">LOmiG</a>. Je me classe moi-même comme un &#8220;climat sceptique radical&#8221;. L&#8217;une de mes lectures favorites est le site <a href="http://www.climat-sceptique.com/">climat-sceptique.com</a> que publie Charles Muller. Un site que je recommande à tous ceux qui cherchent des arguments et des analyses pour combattre le consensus actuel.</p>
<p>Je considère que nous sommes actuellement victimes d&#8217;une gigantesque fraude scientiste qui ne respecte aucun des canons ni aucune des procédures de la connaissance scientifique. J&#8217;y suis d&#8217;autant plus sensible qu&#8217;il y a trente ans j&#8217;ai moi-même vécu, dans un domaine différent (l&#8217;économie), une controverse scientifique très comparable. C&#8217;était l&#8217;époque où les keynésiens regardaient les monétaristes qui venaient remettre en cause leurs certitudes, et proposer d&#8217;autres politiques, avec la même morgue et la même hostilité arrogantes que ceux qui aujourd&#8217;hui s&#8217;arrogent dans les médias le monopole de la connaissance climatique. Dans les deux cas on  retouve typiquement les mêmes démarches et les mêmes problèmes épistémologiques de fond.</p>
<p><span id="more-21"></span></p>
<p> Lorsqu&#8217;on est libéral ou libertarien, et qu&#8217;on est donc sensible à tout risque de dérive dirigiste dans le gouvernement des hommes, il est assez normal de se montrer d&#8217;emblée plutôt attiré par ceux qui, dans le débat scientifique, contestent la vision catastrophiste et anthropogène du réchauffement global. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;il existe aussi des libéraux, très respectables, qui, eux, admettent la réalité du phénomène, et qui considèrent donc qu&#8217;une action est nécessaire pour préserver la planète. C&#8217;est à eux que je pensais en priorité en écrivant ce court texte.</p>
<p> Il y a deux problèmes distincts: 1/ savoir si les analyses sur l&#8217;origine essentiellement anthropogène de l&#8217;effet de serre ainsi que les prévisions actuelles sur les perspectives du réchauffement climatique sont l&#8217;expression d&#8217;une réelle connaissance scientifique; et 2/ décider de la politique à adopter pour réduire les risques, si l&#8217;on admet qu&#8217;au moins une partie des thèses alarmistes actuellement colportées ont des chances raisonnables d&#8217;être vraies.</p>
<p>Ce que j&#8217;ai trouvé intéressant dans l&#8217;étude de Gwyn Prins et Steve Rayner (<a target="_blank" href="http://www.martininstitute.ox.ac.uk/NR/rdonlyres/06C527B7-D0DA-4D57-A38C-EDD6C5863112/0/TheWrongTrousers.pdf" title="Radically Rethinking Climate Change Policy">The Wrong Trouser: Radically Rethinking Climate Change Policy</a>) est précisément la déconnexion entre les deux. Les libéraux qui ne sont pas encore convaincus par le caractère scientifiquement contestable des thèses à la mode, ont le droit légitime de se demander s&#8217;il existe une réponse libérale - c&#8217;est à dire une réponse qui évite d&#8217;avoir à mobiliser des moyens dirigistes de contrainte et de planification - à la demande d&#8217;action qui émane, qu&#8217;on le veuille ou non, à tort ou à raison, du corps social. C&#8217;est tout l&#8217;intérêt de ce texte.</p>
<p>Ceci dit, il n&#8217;est évidemment pas question d&#8217;abandonner le combat pour la vérité scientifique. Celui-ci ne doit pas cesser. Il me semble d&#8217;ailleurs que, malgé tout, on enregistre certains progrés depuis quelques temps. Mais il n&#8217;est pas interdit d&#8217;agir sur les deux tableaux. Il me parait important d&#8217;assurer la présence de modes et de processus d&#8217;analyse libérale dans le débat qui concerne le &#8220;quoi faire ?&#8221;, puisque c&#8217;est celui qui accapare toute l&#8217;attention de l&#8217;opinion publique.</p>
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		<title>° Spéculation: réponse à Olivier Vandenhoute</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jan 2008 18:12:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Spéculation]]></category>

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		<description><![CDATA[Merci, Olivier, de votre commentaire qui concerne mon texte sur la financiarisation.
Tout dépend de ce que vous appelez &#8220;spéculation&#8221;. Personnellement je ne partage aucun des préjugés habituellement liés au terme de &#8220;spéculateur&#8221;.
Il n&#8217;y a que dans l&#8217;univers très particulier des modèles économiques néo-classiques déduits du paradigme de la concurrence pure et parfaite que les comportements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Merci, Olivier, de votre <a target="_blank" href="http://hlepage.wordpress.com/2008/01/04/le-mauvais-proces-faita-la-financiarisation/#comment-6">commentaire</a> qui concerne mon texte sur la financiarisation.<br />
Tout dépend de ce que vous appelez &#8220;spéculation&#8221;. Personnellement je ne partage aucun des préjugés habituellement liés au terme de &#8220;spéculateur&#8221;.</p>
<p>Il n&#8217;y a que dans l&#8217;univers très particulier des modèles économiques néo-classiques déduits du paradigme de la concurrence pure et parfaite que les comportements de &#8220;spéculation&#8221; apparaissent comme une anomalie, et sont assimilés à une &#8220;défaillance&#8221; du marché. Ces modèles ne sont d&#8217;aucune utilité pour comprendre le monde réel, et donc pour prétendre agir efficacement.</p>
<p><span id="more-20"></span></p>
<p>Dans les annexes de mon livre &#8220;Pourquoi la Propriété&#8221; (Hachette Pluriel - 1985) vous trouverez une &#8220;Apologie du spéculateur&#8221;. Malheureusement le livre est dépuis longtemps épuisé. Vous en trouverez certains chapitres - mais le texte sur la spéculation n&#8217;y est pas - sur la page biographique du <a target="_blank" href="http://www.catallaxia.org/wiki2/index.php?title=Henri_Lepage:Pourquoi_la_propri%C3%A9t%C3%A9">Wikilibéral</a>. Je vais demander à ce que ce texte sur le spéculateur y soit rajouté.</p>
<p>Dans son livre de mémoires (&#8221;Le temps des turbulences&#8221;), Alan Greenspan a un chapitre sur la conjoncture pétrolière qui illustre bien les vertus équilibrantes et indispensables de la spéculation, même lorsqu&#8217;il parait évident que l&#8217;on a affaire à des comportements considérés comme &#8220;irrationnels&#8221;.</p>
<p>Lorsque vous évoquez le comportement de ces &#8220;spéculateurs&#8221; qui joueraient en quelque sorte une stratégie de falsification de l&#8217;information, vous admettez implicitement qu&#8217;il y aurait des gens qui, eux, &#8220;auraient la bonne information&#8221;, ce qui leur permettrait de prendre l&#8217;avantage sur les autres qui, eux, ne savent pas. Mais je ne connais personne qui, en ce bas monde, même dans l&#8217;univers des &#8220;experts&#8221;, réponde à ce profil. Leur information n&#8217;est, ex ante, pas moins imparfaite, limitée et incertaine que celle des gens dont ils espèrent exploiter la naïveté - même si l&#8217;avenir leur donne raison.<br />
 <br />
Vous impliquez également qu&#8217;il y aurait des gens qui, par profession, seraient en mesure de savoir quand un marché donne des résultats &#8220;aberrants&#8221; par rapport à ce que vous appelez &#8220;les fondamentaux réels du marché&#8221; - comme si ces fondamentaux relevaient d&#8217;une connaissance scientifique objective. Ce avec quoi je ne suis pas d&#8217;accord.</p>
<p>Enfin, n&#8217;oubliez pas que le plus grand falsificateur d&#8217;information, et de ce fait le premier responsable de gigantesques mouvements de dérive spéculative reste bien souvent l&#8217;Etat lui-même lorsqu&#8217;il prend des décisions qui suscitent de grandes anticipations qui en fait n&#8217;ont dès le départ aucune chance de se réaliser. L&#8217;exemple le plus spectaculaire qui me vienne à l&#8217;esprit est la loi américaine sur les télécommunications de 1996 dont on peut dire, rétrospectivement, qu&#8217;elle fut le véritable point de départ du boom, puis du bust boursier, et de la récession de 2001/2002.</p>
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		<title>° L&#8217;alternative libérale à Kyoto</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jan 2008 18:11:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hlepage</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>

		<category><![CDATA[Réchauffement]]></category>

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		<description><![CDATA[The Wrong Trousers: Radically Rethinking Climate Change Policy
Je reviens sur ce texte qui fut le premier auquel j&#8217;ai fait appel pour ouvrir ce nouveau blog, mais qui a disparu en faisant les frais d&#8217;une malencontreuse manipulation. Ainsi que je l&#8217;ai déjà écrit, je recommande chaudement sa lecture car je crois qu&#8217;on y trouve enfin ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;text-decoration:none;"><font face="Verdana, sans-serif"><font size="3"><b><a href="http://www.martininstitute.ox.ac.uk/NR/rdonlyres/06C527B7-D0DA-4D57-A38C-EDD6C5863112/0/TheWrongTrousers.pdf"><font size="2">The Wrong Trousers: Radically Rethinking Climate Change Policy</font></a></b></font></font></p>
<p style="margin-bottom:0;"><font face="Verdana, sans-serif"><font size="2">Je reviens sur ce texte qui fut le premier auquel j&#8217;ai fait appel pour ouvrir ce nouveau blog, mais qui a disparu en faisant les frais d&#8217;une malencontreus