° Les oubliés du libéralisme français

5 avril, 2008

 Charles Dunoyer and French Classical Liberalism, by Leonard Liggio

The Radical Liberalism of Charles Comte and Charles Dunoyer, by David Hart

 Il y a un peu plus d’un an (le 11 Janvier 2007) se tenait à l’ancienne Ecole Polytechnique un colloque organisé par l’Institut d’Histoire de l’Industrie, sur le thème : « Modernité des pères fondateurs de la science économique française ». Ce fut l’occasion de revenir sur les contributions d’un certain nombre d’auteurs libéraux. Pour ma part, j’y ai présenté une communication sur deux auteurs de la Restauration, auxquels je m’intéresse depuis longtemps, et dont je considère qu’ils restent injustement méconnus, même de ceux qui aujourd’hui multiplient les contributions sur l’histoire du libéralisme en France. Il s’agit de Charles Comte et Charles Dunoyer. Ceci est le texte des notes à partir desquelles j’ai fait mon exposé. J’ai la faiblesse de penser qu’il s’agit d’un texte qui n’est pas inintéressant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire des idées libérales de notre pays.

Mon intention est de jeter un coup de projecteur sur l’épopée du Censeur européen et de ses deux fondateurs : Charles Comte (1802-1835) et Charles Dunoyer de Segonzac (1806-1869). Une épopée relativement courte : 1814-1820, mais qui exerça une influence très importante sur les débats intellectuels et politiques de la Restauration.

Trois raisons justifient qu’on en parle aujourd’hui:

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° Faut-il obliger les gens à s’assurer ?

30 mars, 2008

Individual Mandates for Health Insurance, par Michael Tanner 

Un grand merci au Cri du Contribuable et à son rédacteur en chef, Charles d’Andigné, pour m’avoir rappeler l’existence de ce texte, que j’avais écris pour un premier essai de blogue entrepris en 2005, et que je n’ai jamais véritablement publié. Le Cri du contribuable devrait très prochainement en publier une version raccourcie. Ce papier s’insère dans le cadre des discussions ouvertes à l’Institut Turgot à la suite de la publication, en 2005, du livre de Jean-Luc Migué, “Santé publique, santé en danger“. Au cours des deux dernières années, ce chantier sur l’avenir de l’organisation du système de santé est resté quelque peu en déshérence. Mais de nouveau travaux devraient prochainement en relancer l’activité.

Dès qu’on évoque l’hypothèse d’une approche libérale de la santé - telle que celle présentée par Jean-Luc Migué dans son étude publiée par l’Institut Turgot -, on s’attire immanquablement toujours la même remarque : que ferez-vous des gens qui ne s’assureront pas ?

D’où la réponse, classique, que l’on retrouve même sous la plume de Jean-Luc Migué : le retour à un véritable marché de la santé suppose, bien sûr, que le système soit complété par une obligation légale de souscrire une assurance santé individuelle (ou familiale), tout comme la loi contraint par exemple les automobilistes à disposer d’une assurance accident. Ce “bien sûr”, cette certitude qu’une telle obligation ne serait pas contradictoire avec la recherche d’une solution libérale est si forte que Jean-Luc Migué, par rapport à qui il est pourtant difficile de faire “plus libéral”, ne s’attarde même pas sur le sujet, n’y consacrant que quelques lignes sommaires.

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° Les conséquences de l’affaire Bear Sterns

24 mars, 2008

Le scénario du pire, selon Nouriel Rubini
« Ce qui me rend optimiste », par Anatole Kaletsky 

Comme beaucoup, je me suis senti profondément interpellé par les événements financiers des dernières semaines. Je veux bien sûr parler du sauvetage in extremis de Bear Sterns par l’intervention conjointe de la FED et de JP Morgan. Que la cinquième banque d’affaire américaine se retrouve en situation de faillite du jour au lendemain, est un événement majeur, un véritable tremblement de terre. Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce à dire que tous ceux qui nous disent que nous sommes engagés depuis l’été dans un processus de crise systémique débouchant sur une crise économique d’ampleur gravissime auraient finalement raison ?

Je me suis posé la question toute la semaine, en me demandant si l’heure n’était pas venue de réviser complètement les conclusions - plutôt optimistes et rassurantes - de mes précédentes analyses. La réponse, je l’ai trouvée dans la lecture d’une papier du chroniqueur économique britannique Anatole Kaletsky, publié par Gavekal, la firme de Hong Kong fondée par mon ami Charles Gave. Elle est « non ».

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° Flagrant délit…

26 février, 2008

 … où il apparaît clairement que Jacques Attali aurait besoin d’un bon cours de recyclage sur le concept d’ordre de marché ! Il n’a vraiment rien compris…

Si j’ai un conseil à lui donner, ce serait de se tourner vers notre ami Philippe Nemo qui vient de rééditer l’opus magnum d’Hayek “Droit, Législation et Libertéaux Presses Universitaires de France. Cette seconde édition (en un seul volume, au lieu de trois dans la précédente édition) est précédée d’une nouvelle introduction rédigée par Philippe Nemo. Il y réalise un véritable tour de force en nous résumant tout l’essentiel de la pensée Hayékienne en un nombre minimal de page.

Extrait de l’émission “Bibliothèque Médicis” sur Public Sénat, diffusée le 21 janvier 2008, et dont le sujet était le rapport de la Commission Attali. 


° Le balancier de l’Histoire

13 février, 2008

  Je rappelle mon diagnostic. L’actuelle crise financière conduit à une sérieuse détérioration de la conjoncture économique pour les 12/18 prochains mois, aux Etats-Unis et en Europe. Mais nous ne sommes pas au bord du gouffre. Nous ne sommes pas sur le point de subir une grande dépression économique mondiale, type 1929 à la puissance n. Et cela pour deux raisons essentielles : absence - du moins pour l’instant - de tout engrenage protectionniste visible; surveillance bien plus efficace des banques centrales (voir le premier post: “Pourquoi je n’y crois pas“).

George Soros a de nouveau marqué les esprits en publiant dans le Financial Times un article où il prévoit “la crise de marché la plus sévère depuis soixante ans“. Il y dit beaucoup de choses justes. Mais je me rappelle qu’en 1998, à l’occasion de la crise Asiatique, il avait publié un livre où il annonçait déjà la même chose. Ce qui m’avait donné l’occasion d’en faire une réfutation dans la revue de Patrick Wajsman, Politique Internationale. Bien qu’on ne puisse sous-estimer la gravité de la crise financière en cours, il n’y a pas de raison pour que ce qu’il annonçait hier soit aujourd’hui davantage d’actualité.

Est-ce à dire qu’après les difficultés de 2008/2009, la purge ayant produit ses effets, tout repartira comme avant ? Une fois assainie, l’économie mondiale va-t-elle s’engager dans un nouveau cycle qui, quelques années plus tard, se laissera à son tour emporter par un épisode de débordement spéculatif, pour se terminer par un krach de plus ? Et ainsi de suite… Aurions-nous trouvé le secret d’une sorte de mouvement perpétuel qui n’aurait pas nécessairement de fin ? Je ne le crois pas.

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